Allocution pour le Symposium sur les langues officielles dans le cadre du Congrès annuel de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario

Ottawa (Ontario), le 27 octobre 2017
Ghislaine Saikaley - Commissaire aux langues officielles par intérim

Seul le texte prononcé fait foi


Début de dialogue

Bonjour,

D’entrée de jeu, je remercie l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) pour cette invitation à prononcer quelques mots dans le cadre du présent congrès annuel, dont le thème, Dépassons nos objectifs, traduit bien notre intention commune de faire toujours plus pour la promotion des langues officielles et de la dualité linguistique.

Le dépassement de soi est d’autant plus important que nous sommes à la croisée des chemins. Nous attendons tous avec impatience le nouveau plan sur les langues officielles. Nous espérons voir des changements apportés au Règlement sur les langues officielles — communications avec le public et prestation des services ainsi qu’à la Loi sur les langues officielles, dont nous célébrerons le 50e anniversaire en 2019. Enfin, comme vous le savez, nous attendons la nomination prochaine d’une nouvelle ou d’un nouveau commissaire aux langues officielles.

Je regarde les thèmes qui seront abordés durant le congrès et je me dis que l’AFO, en tant qu’organisme porte-parole de la communauté franco-ontarienne, est plus pertinente que jamais. Vous discutez de sujets qui préoccupent au plus haut point tous les Franco-Ontariens.

Prenons l’immigration francophone en Ontario, par exemple. Nous pouvons nous poser la question : Est-ce que la province accueille suffisamment d'immigrants qui parlent français? Disons que l'Ontario est loin d'atteindre son objectif. Il en va de même du côté du gouvernement fédéral, bien que plusieurs initiatives récentes du ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté visant à accroître l’immigration francophone vont dans le sens des recommandations émises par mon prédécesseur. Je pense notamment à :

  • la mise en place du programme Mobilité francophone;
  • l’adoption d’une méthode plus inclusive pour établir et mesurer le nombre d’immigrants d’expression française;
  • l’ajout de points supplémentaires pour les candidats ayant de bonnes connaissances du français dans le système Entrée express.

Cependant, nous sommes tous d’accord qu’il faut faire plus. Je vais d’ailleurs rencontrer prochainement le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté. Je compte bien lui faire part de mes préoccupations, notamment en ce qui concerne l’intégration des réfugiés dans les écoles de langue française en situation minoritaire. Le thème de l’accès aux services de santé en français en Ontario est tout aussi important. Depuis la bataille pour sauver l’hôpital Montfort, les Franco-Ontariens sont aux aguets. Et avec raison.

Le Livre blanc sur les assises de la santé en français en Ontario de l’AFO propose des mesures concrètes pour l’offre de services en français qui répondent véritablement aux besoins cernés. Il est essentiel que les Franco-Ontariens aient accès à des espaces francophones, que ce soit dans les domaines de la santé, des services sociaux ou des loisirs. Ces espaces contribuent à la vitalité des communautés francophones partout en Ontario.

Votre dévouement à la cause franco-ontarienne envoie un message clair à nos décideurs tant à Ottawa qu’à Queen’s Park. Ce message se résume en un mot : leadership.

Le leadership dont vous faites preuve est contagieux et il doit continuer de l’être. Votre leadership influence les décisions des élus de tous les ordres de gouvernement : fédéral, provinciaux et municipaux.

Je prends en exemple la décision prise au mois d’août par le gouvernement de l’Ontario de remplacer l'Office des affaires francophones de l'Ontario par un ministère à part entière. Je sais que l’AFO réclamait la création d’un tel ministère depuis des années.

Je cite aussi l’intention du gouvernement de créer une université entièrement francophone dans le Sud de l’Ontario. En août dernier, la ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, a parlé avec raison d’un moment historique.

Faut-il rappeler que l'Ontario est la province qui compte la plus importante population de francophones à l'extérieur du Québec, soit plus de 620 000? Et que plus de 430 000 résidents de la région de Toronto parlent français?

Les statistiques montrent toutefois que seulement 22 % des programmes postsecondaires sont disponibles en français en Ontario et que 27 % des élèves au secondaire dans la région du Centre-Sud-Ouest poursuivent leurs études dans un programme postsecondaire en français.

Dans ce contexte, il va de soi que la création d’une université de langue française est essentielle afin que les jeunes aient la possibilité de suivre un cheminement scolaire entièrement en français.

Encore une fois, je suis confiante que l’AFO continuera son travail pour que soit mise sur pied une université autonome de langue française avec un mandat provincial et une gouvernance par et pour les Franco-Ontariens. Tous ces gains sont la preuve que votre leadership résonne, que votre voix se fait entendre à Queen’s Park.

Je veux souligner le rôle crucial joué par mon homologue ontarien, François Boileau, qui célèbre ses dix ans de service. Une décennie bien remplie. Félicitations François!

Grâce à vous tous, le travail de la communauté franco-ontarienne est plus concerté que jamais. Cela augure bien pour l’avenir. J’oserais même dire que la devise originale de l’AFO, « L’union fait la force », est toujours d’actualité.

Sur ce, je vous souhaite à tous un excellent symposium et un bon congrès. Longue vie à la communauté franco-ontarienne!

Date de modification :
2020-09-18