Archivé - Notes d’allocution pour le lancement d’Aînés Action Québec et d’une étude sur les aînés anglophones du Québec

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Montréal (Québec), le 19 novembre 2013
Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi

 

Beginning of dialog

Bonjour, Mesdames et Messieurs, et merci pour votre accueil chaleureux.

Je suis très heureux d’être ici, à Montréal, pour participer au lancement d’Aînés Action Québec et de la nouvelle étude du Commissariat, qui présente un portrait des aînés anglophones du Québec.

De nouvelles organisations ravivent l’énergie et favorisent la vitalité de nos communautés. C’est la raison pour laquelle j’apprécie grandement toutes les occasions de rencontrer les personnes activement engagées dans l’épanouissement de la communauté anglophone du Québec. Il s’agit toujours d’une expérience stimulante et inspirante.

Dans cet esprit, j’aimerais souligner le travail remarquable accompli ces dernières années pour créer Aînés Action Québec.

Les membres de la communauté ont beaucoup contribué à cette initiative ─ d’abord et avant tout les bénévoles qui ont consacré du temps à la fondation d’Aînés Action Québec et y ont mis toute leur passion. Je pense, par exemple, à Mme Sheila Goldbloom qui, de concert les ministres Réjean Hébert et Marguerite Blais, a coprésidé la consultation provinciale sur les conditions de vie des aînés du Québec. Et le Quebec Community Groups Network a fait preuve d’un grand leadership dans la formation d’un réseau provincial et d’un moyen d’expression pour les aînés anglophones en créant des comités, en effectuant des sondages et en organisant des conférences.

Le lancement officiel aujourd'hui d’Aînés Action Québec ─ un réseau provincial d’aînés anglophones ─ est une excellente nouvelle, et pas seulement pour la communauté anglophone, mais également pour les institutions fédérales. Grâce à ce réseau, elles pourront plus facilement identifier et cibler cette population. C’est un moment important pour la communauté anglophone, et vous méritez des félicitations pour cette initiative fructueuse.

J’aimerais aussi remercier le réseau et ses membres d’avoir contribué à l’organisation de l’activité conjointe d’aujourd’hui à l’Université Concordia, au cours de laquelle on présentera publiquement Aînés Action Québec et la nouvelle étude du Commissariat, Bien vieillir dans sa langue, sa culture et sa communauté : Soutien d’institutions fédérales clés et portrait des aînés anglophones du Québec.

Je m’en voudrais de ne pas souligner le travail de Mme Joanne Pocock, qui a effectué la recherche pour l’étude avec diligence, professionnalisme et patience, et ce, dans des délais serrés. Je remercie également les membres du comité consultatif de l’étude, qui ont pris le temps de lire les versions préliminaires et de formuler des observations à différentes étapes : Mme Lorraine O’Donnell, Mme Daphne Nahmiash, M. David Cassidy et Mme Rita Legault.

Le Commissariat a entrepris cette étude exploratoire pour deux raisons : afin de décrire le soutien offert par des institutions fédérales clés, et afin de dresser le portrait des aînés anglophones du Québec.
Nous savons que la population vieillit rapidement dans les sociétés occidentales. Ce qu’on sait moins par contre, c’est que cela est particulièrement vrai dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire, c’est‑à‑dire les anglophones au Québec et les francophones dans les autres provinces.

La proportion d’aînés est sensiblement plus grande dans ces communautés que dans les communautés de langue officielle en situation majoritaire. Dans certains cas, la proportion d’aînés dans les communautés minoritaires est aussi élevée qu’au Japon, le pays qui arrive au premier rang mondial pour ce qui est du vieillissement de la population.

Le désir de combler les lacunes dans les connaissances a constitué une forte motivation pour réaliser notre étude. Au cours du projet, nous avons découvert que les renseignements et les données sur les personnes âgées en situation linguistique minoritaire ─ dans le cas présent, au Québec ─ étaient dispersés et fragmentaires. Ils portaient soit sur les aînés en général, soit sur les communautés de langue officielle en situation minoritaire prises globalement, mais pas sur les personnes âgées qui vivent dans ces communautés.

Sachant cela, je me suis rendu compte qu’un portrait des aînés anglophones s’avérait nécessaire pour répondre à des questions élémentaires : Où vivent-ils? Qui sont-ils? Qui s’occupe d’eux? À quels services ont‑ils accès? Comment utilisent-ils ces services?

Pour répondre à ces questions, nous avons rassemblé les données existantes et les avons présentées sous forme de portrait statistique. Vous serez peut‑être désireux de savoir qu’un portrait semblable existe pour les aînés francophones dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire : Profil statistique 2006 des personnes âgées francophones au Canada.

Je voulais également avoir une meilleure idée du soutien fédéral offert aux aînés en situation linguistique minoritaire et aux organisations qui les représentent, y compris au Québec. Nous avons passé en revue le soutien accordé aux politiques et aux programmes de six institutions fédérales, à savoir Patrimoine canadien, Emploi et Développement social Canada, Santé Canada, l’Agence de la santé publique du Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada et Condition féminine Canada.

Dans la foulée de la création d’Aînés Action Québec, j’ai vu l’occasion d’informer les organisations de la province des politiques et programmes fédéraux existants, tout en attirant simultanément l’attention des institutions fédérales sur la situation des aînés anglophones qui vivent ici et les défis particuliers auxquels ils peuvent être confrontés.

À l’extérieur du Grand Montréal, où vivent plus des deux tiers des aînés et de la population anglophones du Québec, les communautés de langue anglaise sont généralement petites et on y trouve une proportion élevée de personnes âgées qui ont des besoins particuliers en matière de santé et de services sociaux. Pourtant, bon nombre de ces petites communautés éloignées ont moins de ressources dans la langue de la minorité en ce qui a trait aux services publics, aux équipements communautaires et aux réseaux sociaux.

Étant donné que la moitié des aînés anglophones du Québec ne parlent pas français, ils peuvent avoir beaucoup de difficulté à trouver sur place des professionnels capables de fournir des services dans une langue compréhensible pour eux. Ces aînés sont vulnérables; ils doivent souvent s’en remettre à un membre de leur famille ou à un ami lorsqu’ils ont besoin d’obtenir de l’information, ou encore des soins de santé ou des services sociaux.

Par exemple, j’ai discuté avec des membres des communautés anglophones minoritaires de quelques petites villes du Québec, et ils m’ont signalé qu’il n’est pas facile d’obtenir des services en anglais pour les aînés qui éprouvent les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer, et l’on sait que la compréhension de la langue est un élément clé de cette maladie.

Et même si, en général, les aînés anglophones du Québec ont un niveau de scolarité plus élevé que les autres personnes âgées de la province, une grande proportion d’entre eux vit sous le seuil de faible revenu.

En outre, il y a six fois plus d’immigrants et de membres des minorités visibles parmi les aînés anglophones que parmi les aînés francophones au Québec. Les fournisseurs de services doivent en tenir compte lorsqu’ils offrent des services à ce groupe.

Certains peuvent se demander dans quelle mesure cela relève de mon mandat en tant que commissaire aux langues officielles. J’ai le mandat de prendre toutes les mesures nécessaires qui relèvent de mon pouvoir pour atteindre les objectifs de la Loi sur les langues officielles. En vertu de la partie VII de la Loi, le gouvernement fédéral est tenu de renforcer la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Les institutions fédérales ont, par conséquent, l’obligation de prendre des mesures positives pour s’acquitter de cet engagement.

C’est pourquoi je recommande que les institutions fédérales dont les activités ont une incidence sur les aînés et les organisations qui les représentent dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire — comme Patrimoine canadien et Développement social Canada — prennent des mesures pour veiller à ce que les groupes de défense des droits, comme Aînés Action Québec, soient consultés lors de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques et des programmes.

Je dois dire que, bien que l’étude présente un aperçu de la situation des aînés anglophones du Québec, elle laisse plusieurs questions sans réponse. C’est pourquoi je précise qu’il est nécessaire que les institutions fédérales coordonnent leurs efforts en vue de combler les lacunes dans la recherche sur le vieillissement dans les communautés minoritaires.

Dans l’état actuel des choses, il semble que la politique nationale sur les aînés et le vieillissement tienne compte des communautés minoritaires dans une certaine mesure, mais nous ne savons pas si les communautés anglophone et francophone en situation minoritaire sont pleinement et systématiquement prises en considération. Notre étude montre qu’un petit nombre d’institutions fédérales mettent en œuvre des programmes à l’intention des aînés et des organisations qui les représentent, mais qu’aucune n’adapte ces programmes aux besoins des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Bien qu’il y ait une certaine coordination dans l’élaboration des politiques à l’échelon fédéral ─ par le biais notamment du Comité interministériel sur les aînés, dirigé par Emploi et Développement social Canada avec la collaboration de Patrimoine canadien ─ il pourrait y avoir d’autres possibilités de coordination pour faire en sorte que les aînés des communautés de langue officielle en situation minoritaire soient consultés. J’espère qu’Aînés Action Québec servira de trait d’union entre les institutions fédérales et les aînés anglophones de la province.

Pour conserver sa vitalité et son dynamisme, la communauté anglophone du Québec a besoin d’un leadership fort, mais aussi de la participation de tous ses membres : les jeunes, les nouveaux arrivants et les aînés, et je peux me porter garant de ces derniers, étant moi‑même un aîné.

Je félicite encore une fois tous les membres du réseau d’avoir fondé Aînés Action Québec. Je suis absolument certain que vous poursuivrez sur cette lancée et que vous continuerez de faire ce que vous avez toujours fait, c’est‑à‑dire veiller à ce que la communauté de langue officielle en situation minoritaire de la province continue de se développer, peu importe où ses membres vivent.

Merci.

Date de modification :
2018-09-13