Archivé - Notes pour une conférence marquant le 100e anniversaire du Royal 22e Régiment

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Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec), le 18 octobre 2013
Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi


Début de dialogue

Bonjour,

Je suis très honoré d'être présent ici ce matin au Collège militaire royal de Saint-Jean pour participer à cette conférence marquant le 100e anniversaire du Royal 22e Régiment.

J'aimerais remercier M. Marc Imbeault, doyen des études et de la recherche du Collège, d'avoir eu la gentillesse de m'inviter à échanger quelques mots avec vous sur le bilinguisme et le biculturalisme dans les Forces canadiennes.

C'est toujours avec le plus grand respect que je côtoie des hommes et des femmes qui ont choisi de servir leur pays et de se consacrer à l'éducation des militaires. Votre travail est exigeant, vous assumez d'importantes responsabilités et vous accomplissez ce que peu de gens peuvent accomplir. J'admire le dévouement dont vous faites preuve.

À titre de commissaire aux langues officielles, j'ai souvent dû traiter des questions linguistiques et culturelles dans l'armée et j'ai visité diverses unités et bases partout au pays.

Le Royal 22e Régiment a joué un rôle historique, non seulement dans les opérations militaires, mais aussi en tant que modèle unique et plaque tournante en matière de bilinguisme et de biculturalisme pour l'armée, la fonction publique et même le secteur privé.

La création de ce régiment et sa réussite durable ont contribué largement à l'acceptation de la place qu'occupent les Canadiens français dans l'armée. Il est maintenant au cœur de la dynamique communauté francophone qui évolue au sein des Forces.

Certains prétendront, et avec raison, que le Royal 22e Régiment est avant-gardiste. Avant même que la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, dirigée par André Laurendeau et Davidson Dunton, n'amorce ses travaux en 1963, le Régiment était déjà depuis 50 ans le point de mire des débats sur la façon d'intégrer les militaires francophones dans les Forces canadiennes qui, jusque-là, avaient toujours été une institution à prédominance anglophone.

Dans le volume trois du rapport de la Commission royale sur le bilinguisme et le biculturalisme publié en 1969, intitulé Le monde du travail, Laurendeau, Dunton et leurs collègues commissaires adressaient des critiques à l'égard de l'organisation militaire canadienne, car elle avait échoué dans ses efforts pour créer un environnement permettant aux francophones d'entreprendre et de mener une carrière militaire dans leur langue maternelle – à l'exception du Royal 22e Régiment.

Le Royal 22e Régiment s'est assuré que les militaires reçoivent de l'instruction et servent en français à une époque où les institutions canadiennes qui permettaient aux employés de travailler en français étaient très rares. En fait, jusqu'à la Première Guerre mondiale, les francophones des Forces canadiennes avaient commandé et servi uniquement en anglais.

À l'époque, le Canada était encore considéré largement comme étant une colonie de la Grande-Bretagne et la langue de travail des militaires reflétait cette réalité. Les francophones unilingues de l'armée souffraient d'un désavantage considérable. Il n'est guère surprenant que sur les 225 diplômés du Collège militaire royal du Canada entre sa fondation en 1876 et 1900, seulement 10 étaient francophonesNote de bas de page 1 – et tous avaient dû étudier en anglais.

Vos études sur l'époque de la Première Guerre mondiale vous auront certainement rappelé qu'au paroxysme du conflit, le premier ministre Robert Borden avait promis de déployer 500 000 militaires canadiens après avoir accepté, au départ, un déploiement modeste de 25 000 hommes. Le projet de loi sur le service militaire de 1917 avait été perçu par les conservateurs de l'époque comme la seule façon concrète d'atteindre cet objectif.

Dans ces circonstances, il importe de réexaminer les critiques exprimées au Canada anglais à l'époque à l'égard des Québécois francophones par rapport à leur présumée sous-représentation dans l'armée permanente. Étant donné que les francophones de l'infanterie n'étaient pas autorisés, au départ, à recevoir de l'instruction ou à servir en français, que seulement quatre des 126 généraux qui ont servi sous le drapeau canadien pendant la guerre étaient des Canadiens français, que les forces aériennes et navales étaient exclusivement des institutions anglophones qui s'inspiraient de très près de leurs homologues britanniques, et que l'Ontario avait depuis peu interdit l'enseignement du français dans son système scolaire, on comprend facilement comment l'enthousiasme à l'égard de l'effort de guerre a pu être atténué dans certaines parties du pays.

Il a fallu des pressions politiques et un don de 50 000 dollars d'un homme d'affaires montréalais pour que le premier ministre assouplisse sa position et autorise l'établissement de bataillons francophones dans le Corps expéditionnaire canadien. Ce fut une étape importante dans les relations entre les anglophones et les francophones, ainsi qu'une première étape vers le bilinguisme et le biculturalisme dans les Forces canadiennes.

En 1916, les Canadiens français avaient mis sur pied au total 15 bataillons d'infanterie. Parmi ceux-ci, un bataillon qui réunissait près de 6 000 hommes a combattu les Allemands au front : le 22e, le seul bataillon canadien francophone qui a combattu durant la Première Guerre mondiale.

Le 22e a été déployé au combat dans un grand nombre de batailles majeures dans l'Europe de l'Ouest, notamment à Saint-Eloi, Ypres, la Somme, Courcelette, Vimy, Lens, Passchendaele, Arras, Amiens, Chérisy et CambraiNote de bas de page 2. On dit qu'il n'a jamais reculé devant l'ennemi et que « ses hommes se firent écraser sur place plutôt que d'abandonner une position. »Note de bas de page 3.

Le Royal 22e Régiment est devenu une force permanente en 1920 et, l'année suivante, le roi George V a approuvé sa désignation de régiment royal. Il est alors devenu source d'une immense fierté pour les Canadiens français, a été respecté partout au pays et a aussi servi avec distinction lors de la Seconde Guerre mondiale, en Corée et plus récemment en Afghanistan, où il est allé au combat à répétition pendant ses nombreuses périodes de service.

Aujourd'hui, on commémore les soldats morts au combat du Royal 22e Régiment en élevant une sculpture d'André Gauthier devant le Manège militaire de la Grande-Allée à Québec, tout près du quartier général cérémonial du Régiment à la Citadelle.

Le facteur géographique est important ici : bien que le quartier général des opérations du Régiment soit situé à Valcartier, la Citadelle offre un lieu de résidence pour les commandants du Régiment et le gouverneur général, ce qui symbolise, dans les faits, un lien direct et une relation spéciale entre le Royal 22e Régiment et la Couronne.

En dépit, ou, en raison de son caractère unique en tant que régiment francophone, le Royal 22e Régiment a en fait produit plus de généraux que tout autre régiment au Canada. Parmi ceux-ci, le général Jean-Victor Allard, qui est devenu le premier francophone à porter le titre de Chef d'état-major de la Défense lorsqu'il a été promu en 1966.

Le général en avait long à dire sur le traitement réservé aux Canadiens français dans les Forces armées et il a écrit dans ses mémoires que pour un francophone, le fait de « s'enrôler dans la marine ou l'armée de l'air à l'âge de dix-huit ans équivalait presque à un abandon définitif de sa culture et de sa langue »Note de bas de page 4. Il a même présenté sa démission en 1965 lorsqu'on a envisagé d'unifier les forces terrestres, navales et aériennes, au risque d'éliminer le Royal 22e Régiment en tant qu'unité francophone.

Il est facile de comprendre les frustrations du général. Nous savons qu'en 1964, deux ans avant sa promotion en tant que Chef de l'état-major de la Défense, moins d'un demi pour cent des 24 497 manuels d'instruction militaires publiés étaient disponibles en français et absolument aucun des 21 206 manuels de maintenance et opérationnels n'avait été traduitNote de bas de page 5.

Le fait que les déclarations du premier ministre Lester B. Pearson sur le bilinguisme et le biculturalisme à la Chambre des communes en avril 1966 visaient exclusivement des améliorations touchant la fonction publique – sans faire mention des Forces canadiennes – a peu fait pour rassurer le général quant à l'oreille que l'on prêtait aux doléances des francophones.

Le même été, lorsque le général Allard a été choisi pour mettre en œuvre le plan du ministre de la Défense nationale, Paul Hellyer, en vue de l'unification des forces, il a exigé, comme première condition avant d'accepter la promotion, qu'on réalise une étude sur la situation des francophones dans les forces militaires. Cette enquête a montré que les francophones constituaient 16 p. 100 des Forces canadiennes.

Au début de 1968, il est devenu clair que les préoccupations du général Allard avaient commencé à porter fruit dans les Forces et à Ottawa; en effet, le nouveau ministre de la Défense nationale, Léo Cadieux, annonçait que le gouvernement prévoyait mettre sur pied des unités francophones dans les Forces canadiennes et offrir de l'instruction en français à certains francophones – autant de mesures pour améliorer le taux de maintien en poste des Canadiens francophones dans les Forces armées.

Cet été-là, les premières unités francophones des Forces canadiennes ont été mises sur pied à Québec, non sans susciter, me dois-je d'ajouter, un degré considérable de consternation derrière les portes closes, à Ottawa.

L'idée d'avoir des unités francophones basées à Québec était dérangeante pour certains conseillers du premier ministre. L'un d'eux, Marc Lalonde, écrivait en 1967 : « Nous devrions éviter très prudemment la concentration de ces Forces francophones à l'intérieur de Québec… Nous devons réfléchir aux difficultés qu'une telle concentration pourrait provoquer en cas de soulèvement politique d'envergure au Québec. Je ne veux pas paraître indûment pessimiste, mais nous devrions éviter de mettre à la disposition du gouvernement du Québec une armée prête à intervenir. »Note de bas de page 6[traduction]

Dans le même ordre d'idées, un autre conseiller du premier ministre Pearson, Michael Pittfield, écrivait au premier ministre en 1968 pour lui dire que l'établissement des unités francophones était « peut-être l'une des décisions les plus dangereuses jamais prises par le gouvernement fédéral, et que les unités franco-canadiennes unilingues concentrées à Québec risquaient – compte tenu des circonstances de notre époque et des tendances susceptibles de s'intensifier à l'avenir – de jeter irrévocablement les bases d'une situation excessivement dangereuse. »Note de bas de page 7[traduction]

Ces préoccupations n'ont en rien modifié le cours de l'histoire. À la suite des changements amorcés par le général Allard, le bilinguisme est devenu la politique militaire. Elle s'est manifestée par l'introduction des compétences linguistiques dans le dossier personnel de tous les militaires des Forces canadiennes, ce qui a augmenté le nombre de francophones, favorisé la promotion d'un plus grand nombre de francophones et établi des exigences en matière de compétences linguistiques chez les officiers supérieurs. Ce nouvel arrangement ne faisait pas l'affaire de tous, mais en dépit du profond ressentiment dans bon nombre de milieux, il a quand même été mis en œuvre.

En 1987, la proportion de francophones dans les Forces militaires était passée de 16 à 27 p. 100 et, en moins d'une décennie, le bilinguisme fonctionnel était devenu une exigence pour être promu au grade de lieutenant-colonel et aux grades supérieurs.

Toutefois, en 1995, la décision du gouvernement fédéral de fermer le Collège militaire royal de Saint-Jean a fait en sorte qu'il est devenu beaucoup plus difficile de recruter et de maintenir en poste des militaires francophones et de leur offrir un milieu francophone – les dirigeants de demain de régiments comme le Royal 22e.

Le Collège est au cœur de la longue lutte des francophones pour être reconnus au sein des Forces canadiennes, mais il a grandement souffert depuis les compressions budgétaires de 1995 et peine encore à se rétablir.

Parfois, le gouvernement prend des décisions qui nuisent à l'épanouissement des communautés de langue officielle et à l'égalité réelle des deux langues officielles du pays. La fermeture du Collège militaire royal de Saint-Jean a eu des effets néfastes sur la dualité linguistique au Canada et sur le bilinguisme des élèves-officiers.

Le Collège militaire royal a donné la chance aux jeunes francophones et à de nombreux anglophones de devenir des officiers bilingues. Il a offert aux anglophones qui y étudiaient un milieu authentiquement francophone. Les élèves qui entraient directement à Kingston n'avaient pas cette chance.

Un éminent lieutenant-général diplômé de ce collège, Roméo Dallaire, a dit que : « La fermeture du collège militaire de Saint-Jean a eu pour effet d'éliminer le recrutement des meilleurs candidats potentiels chez les Canadian français. Et les mesures de substitution prises n'ont pas eu l'ampleur nécessaire. »Note de bas de page 8

Au cours des dernières années, les efforts déployés pour rétablir l'institution semblent indiquer que le gouvernement reconnaît avoir commis une erreur. Je crois que le gouvernement doit être félicité pour la réouverture du Collège militaire royal en 2007 et pour avoir rétabli certaines de ses capacités académiques en tant que CÉGEP. Quoi qu'il en soit, et je suis certain que vous serez d'accord, je crois que le fait de ne pas avoir le privilège d'octroyer des grades ici fait qu'il est plus difficile pour les militaires de réaliser les objectifs linguistiques qu'ils s'étaient fixés.

Le lieutenant-général Dallaire a également mentionné les répercussions de la fermeture sur les recrues anglophones en expliquant qu'ils avaient perdu une occasion d'immersion valable au Québec et dans une culture militaire francophone – une expérience qui ne peut être reproduite au Collège militaire royal de Kingston.

À certains égards, 18 ans plus tard, la Défense nationale ne s'en est pas encore remise. Je crois qu'il serait important que le gouvernement fédéral rétablisse le statut universitaire dont l'institution a profité depuis sa fondation en 1952 et jusqu'en 1995, parce que le bilinguisme est une compétence essentielle au leadership dans les Forces canadiennes.

Le Collège militaire royal de Saint-Jean n'est pas une institution d'enseignement comme les autres. Je crois qu'ici, vous saisissez bien l'importance de la dualité linguistique, car vous la vivez au quotidien. La capacité de surmonter des obstacles d'ordre linguistique est une compétence clé en matière de leadership au Canada.

L'ancien commandant du Royal 22e Régiment, le major-général Terry Liston, m'a récemment raconté que lorsqu'il a autorisé son personnel à communiquer en français par radio lors des exercices, l'efficacité du régiment s'est accrue considérablement.

Mais l'enjeu est bien plus important que de simplement être capable de communiquer plus efficacement dans sa langue maternelle. Dans les Forces canadiennes, plus que dans toute autre organisation, les officiers doivent démontrer qu'ils méritent le respect de leurs subordonnés. Sans quoi, comme l'a expliqué le lieutenant-général Dallaire dans l'une de nos conversations : « Les soldats ne mourront plus dans la langue des officiers ».

Le bilinguisme n'est pas la seule caractéristique spécifiquement canadienne de nos Forces. Nos régiments anglophones et francophones sont aussi remarquables pour ce qui est de leurs différences culturelles, y compris leur style de leadership.

Le général Dallaire m'a raconté que le style de leadership des Canadiens français est davantage axé sur l'interaction et la proximité, ce qui exige une présence très humaine, alors que l'approche des Canadiens anglais valorise l'indépendance de la personne et la protection de cette indépendance.

Une étude réalisée en 2005 a confirmé ces différences culturelles. Ainsi, les soldats établis au Québec ont affirmé que le secours aux sinistrés et les opérations de recherche et de sauvetage au Canada étaient les première et deuxième priorités de l'armée. Pour leur part, les soldats des trois autres régions du pays ont affirmé que les opérations de combat pour défendre le territoire canadien étaient la première priorité et les opérations au combat pour défendre les citoyens à domicile et à l'étranger étaient la deuxième priorité.

D'autres organisations qui ont marqué la vie canadienne n'ont pas eu à gérer les répercussions linguistiques et culturelles de cette réalité primaire comme l'ont fait les forces militaires. D'ailleurs, elles n'ont pas connu autant de réussites. Le maintien de la paix en étant constamment prêt à aller en guerre distingue clairement les forces militaires et les unités comme le Royal 22e Régiment des autres institutions fédéralesNote de bas de page 9.

En tant que Canadiens, nous ne pouvons pas être justes envers tous si nous n'arrivons pas à instaurer l'équité et le respect entre nos deux groupes linguistiques principaux. Voilà pourquoi il est si important que les Canadiens puissent compter sur des Forces armées bilingues.

Tandis que nous nous préparons à souligner le 100e anniversaire du Royal 22e l'année prochaine, je vous laisse sur les mots de l'historien Jack Granatstein, qui a observé dans son livre intitulé Canada's Army que le bilinguisme avait fonctionné et que « l'armée qu'il a produite, plus que toute autre institution fédérale, était un meilleur reflet de la dualité du pays – en fait, plus que toute autre institution canadienne de tout genre ». [traduction]

Je vous remercie. C'est avec plaisir que je répondrai à vos questions.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Rapport de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, Livre III : Le monde du travail, 1969, p. 311.

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Note de bas de page 2

Jean Pariseau et Serge Bernier, Les Canadiens français et le bilinguisme dans les Forces armées canadiennes, 1988, p. 89.

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Note de bas de page 3

Ibid.

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Note de bas de page 4

Graham Fraser, Sorry, I Don't Speak French, 2006, p. 264.

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Note de bas de page 5

Rapport de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, Livre III : Le monde du travail, 1969, p. 314.

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Note de bas de page 6

Graham Fraser, Sorry, I Don't Speak French, 2006, p. 215.

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Note de bas de page 7

Ibid.

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Note de bas de page 8

Graham Fraser, Sorry, I Don't Speak French, 2006, p. 269.

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Note de bas de page 9

Rapport de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, Livre III : Le monde du travail, 1969, p. 309.

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Date de modification :
2018-09-13