Archivé - Notes pour une allocution dans le cadre d’une visite et d’une réception au Centre de la francophonie des Amériques

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Québec, le 11 janvier 2012
Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi


Début de dialogue

Bonsoir à tous.

Je tiens à remercier le Centre de la francophonie des Amériques pour cette charmante réception et la visite du Centre, qui s’est avérée fort intéressante. Je tiens aussi à féliciter messieurs Roy et Desgagnés pour leur excellent travail. J’ai beaucoup de respect pour le travail que Jean-Louis et Denis ont fait dans leurs carrières précédentes – et je félicite le gouvernement du Québec pour leur nomination. Ils représentent tous deux de grands atouts pour la francophonie.

En favorisant les échanges, le partenariat et le développement de réseaux francophones, le Centre de la francophonie des Amériques contribue à la promotion de la francophonie au Canada et favorise l’épanouissement des communautés linguistiques en situation minoritaire. C’est donc tout un honneur pour moi, en tant que commissaire aux langues officielles du Canada, d’être parmi vous et de célébrer le chemin parcouru.

Nous avons parcouru beaucoup de chemin depuis la mise sur pied de la Loi sur les langues officielles en 1969. Il est maintenant beaucoup plus facile pour les francophones de s’épanouir et d’obtenir des services en français, mais il reste encore bien des défis à relever, comme nous l’avons constaté en lisant les journaux cette année.

Puisque nous sommes en tout début d’année, il m’apparaît de mise de dresser un bilan de la situation. La question linguistique s’est imposée en 2011 dans les médias – la nomination d’un juge de la Cour Suprême unilingue, le vérificateur général, les dirigeants de la Caisse de dépôt, l’entraineur des Canadiens de Montréal… Ce que je retiens de l’année qui vient de se terminer, c’est que la voix de la francophonie s’est fait entendre haut et fort. C’est une bonne nouvelle.

En cette nouvelle année, je demeure optimiste. La controverse autour des nominations a montré que les attentes du public – anglophone et francophone – sont élevées. La barre est haute. Je crois sincèrement qu’en continuant d’exercer un leadership énergique et constant dans l’ensemble de la francophonie, nous continuons de favoriser le développement d’une culture nord‑américaine qui a la langue française à cœur.

Il faut ajouter que tous les signes ne sont pas négatifs : pour la première fois, la majorité des premiers ministres provinciaux sont bilingue, tout comme les huit candidats au leadership du NPD. Sans oublier le premier ministre, le juge en chef de la Cour suprême, le chef d’état-major des Forces canadiennes, le greffier du Conseil privé ainsi que le ministre du Patrimoine canadien et celui de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, qui viennent tous de l’Ouest canadien et sont bilingues.

De plus, en 2012, Québec sera le théâtre de deux grands événements où l’on célébrera la francophonie avec positivisme : en mai 2012, le Forum de la francophonie canadienne, qui comportera un important volet consacré aux arts et à la culture, et du 2 au 6 juillet, le Forum mondial sur la langue française, qui permettra de rassembler un millier de personnes pour réfléchir à l’avenir de la langue française. Ces événements permettront à la Francophonie de rayonner, et à la ville de Québec de continuer à se démarquer.

Il est vrai que la francophonie d’Amérique du Nord baigne dans une mer anglophone, et que la coexistence de l’anglais et du français est une caractéristique identitaire déterminante pour le pays. Mais pour le Québec, berceau de la francophonie canadienne, c’est le français qui est au cœur de l’identité « nationale ». Toutefois, il ne faut pas oublier que le message de la Francophonie, qu’il soit lancé par le Canada, la France ou tout autre pays qui fait partie de la Francophonie, est un message d’inclusion, d’ouverture et de découverte.

C’est le vœu que je fais pour 2012 – que le message de la Francophonie continue de rayonner de par le monde et qu’il soit perçu par tous, toutes langues confondues, sous un angle positif et inclusif. Ce message doit transcender les mesures administratives et les engagements politiques. La reconnaissance de l’égalité du français au Canada doit demeurer une valeur, tant à l’intérieur des institutions fédérales que dans la société canadienne. Et cela passe non seulement par un plus grand leadership de nos dirigeants et de nos politiciens, mais aussi par une plus grande ouverture sur le monde de l’ensemble de nos citoyens.

Je souhaite beaucoup de succès et une bonne année à tous.

Merci.

Date de modification :
2018-09-13