Archivé - Notes pour un discours de commémoration du cinquième anniversaire des centres d’apprentissage communautaires de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec

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Ottawa, le 10 novembre 2011
Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi


Début de dialogue

Mesdames et messieurs, bonjour.

Je suis très heureux d’être ici avec vous ce matin pour célébrer le cinquième anniversaire des centres d’apprentissage communautaires du Québec et l’ajout de 14 nouveaux centres, auxquels je remettrai des certificats un peu plus tard. Je vous remercie de m’avoir invité à faire partie de cette grande réussite.

Tout d’abord, je tiens à vous féliciter pour tous votre travail acharné. Vous êtes des catalyseurs de changement positif. Grâce à vos partenariats, vous aidez à réunir les gens et à les motiver à prendre le contrôle de leur communauté. Vous jouez un rôle essentiel dans le rehaussement de la vitalité des communautés anglophones du Québec.

Une partie de mon mandat, en tant que commissaire aux langues officielles, consiste à prendre toutes les mesures en mon pouvoir afin d’assurer la préservation et la vitalité des communautés de langue officielle au Canada. Je suis donc très heureux de pouvoir célébrer avec vous un succès comme celui des centres d’apprentissage communautaires. Je tiens aussi à souligner que vous avez rendu ce succès possible grâce à de nombreux partenariats.

Les communautés anglophones du Québec sont synonymes de force unique culturelle et linguistique, et leur riche histoire a contribué à façonner le Québec moderne. Qu’elles soient dans la région de Montréal, dans la Basse-Côte-Nord, dans les Cantons de l’Est, dans le Pontiac ou dans la Gaspésie, nos communautés sont des composantes importantes et en constante évolution de la société québécoise.

J’ai récemment visité les îles de la Madeleine afin de participer à l’inauguration d’un nouveau centre d’apprentissage communautaire à Grosse-Île, et j’ai eu la chance de rencontrer les citoyens qui aident à maintenir la vitalité de cette communauté. Nous oublions parfois à quel point il est important pour les gens d’avoir un sentiment d’appartenance à leur communauté, et comment il est facile de se sentir exclu, seul et oublié. Les centres d’apprentissage communautaires font ressortir le meilleur des gens en leur offrant un endroit où ils peuvent se rassembler et se sentir à leur place. Pour que les communautés puissent s’épanouir, leurs membres ont besoin d’un endroit où ils peuvent se rassembler. Et il faut bien que ça commence quelque part.

Dans le cadre de la cérémonie d’inauguration, le centre d’apprentissage avait organisé une conversation vidéo avec la communauté de Rivière-Saint-Paul. Tous les participants étaient très impressionnés de ce que cette petite communauté isolée de la Basse-Côte-Nord avait réussi à accomplir avec cette ressource.

Ils ont réussi à tisser des liens avec des musées, des salles de classe, et ils ont même organisé une discussion avec des astronautes. Ils se sont aussi servis du matériel pour offrir des cours de danse hip-hop en entrant en contact avec un professeur de danse de Huntingdon et pour diffuser une prestation de Casse-Noisette présentée aux États-Unis, regardée par 100 personnes dans le gymnase de l’école!

L’expérience d’apprentissage de ces enfants est transformée. Pour les communautés urbaines, de telles activités sont tenues pour acquises. Mais pour les communautés éloignées, cela ne serait pas possible sans la technologie et sans le soutien des centres d’apprentissage communautaires.

Les centres d’apprentissage communautaires touchent positivement et de nombreuses façons les élèves, les familles et les communautés : chacun s’entraide et les écoles deviennent non seulement des centres d’apprentissage, mais le cœur de leur communauté.

En collaborant, les Québécois anglophones explorent de nouvelles façons de rendre la présence de leur communauté positive et essentielle au Québec d’aujourd’hui. C’est l’énergie et l’enthousiasme de nos écoles, de nos enfants et de nos communautés qui rendent cela possible.

Il n’y a pas meilleur moyen de préserver la vitalité et le positivisme d’une communauté que de rassembler tous ceux qui partagent le même objectif sous un même toit.

C’est ce que les centres d’apprentissage communautaires font, en plus de donner aux gens une raison de se soutenir entre eux. Ils gardent tout le monde occupé en encourageant les gens à établir des ponts entre les générations et entre les différents milieux linguistiques et culturels. Ils aident les communautés à faire le plein d’enthousiasme, de connaissances et d’action, et surtout, ils permettent aux gens d’aspirer à un brillant avenir de collaboration avec la communauté francophone du Québec.

Les centres d’apprentissage communautaires sont à la fois un lieu physique et un ensemble de partenariats entre une école et l’ensemble de la communauté. À ce titre, ils encouragent le développement des jeunes, l’apprentissage continu, l’engagement communautaire, le soutien familial ainsi que la santé et la sécurité des communautés. Lorsque tous les membres d’une communauté travaillent ensemble, ce ne sont pas seulement les étudiants et les familles qui en tirent profit, mais aussi toute la communauté anglophone.

Les centres d’apprentissage communautaires ont connu un énorme succès. Il en existe maintenant 37 dans différentes communautés anglophones partout au Québec. Elles sont florissantes et contribuent au bien-être de leurs membres. À Rivière-Saint-Paul, dans la Basse-Côte-Nord du Québec, la coordonnatrice du centre d’apprentissage communautaire de l’école, Kimberly Buffitt, dit que le centre d’apprentissage a transformé sa communauté. Elle croit même qu’il a entraîné une réduction importante de la consommation d’alcool par les mineurs. Tom Rhymes, directeur de l’école secondaire Riverdale à Pierrefonds, dit que son école est « très certainement » devenue un endroit plus vivant depuis que le centre d’apprentissage communautaire s’y est établi. Tout le monde a quelque chose de positif à dire au sujet du centre d’apprentissage de sa communauté.

Les centres d’apprentissage communautaires sont des centres d’éducation et de développement dans les communautés anglophones. Ils servent de modèle en aidant les écoles anglophones à assurer leur avenir dans leur région.

Les Québécois anglophones ont leur avenir à cœur. La grande participation de nos communautés parle d’elle-même. Mais nous connaissons les difficultés associées à l’accès aux services dans notre langue et à la démographie. Les problèmes d’inclusion et d’appartenance persistent.

Les anglophones hésitent parfois à s’inclure dans le « nous autres » collectif du Québec, qui semble distinct, pour ne pas dire distant. La communauté anglophone du Québec a contribué de façon importante au développement de la société québécoise et continue de le faire. Au cours des trois dernières décennies, les communautés anglophones se sont transformées. En plus d’être témoins de changements démographiques, nous avons aussi observé un changement dans notre sentiment collectif d’inclusion et d’appartenance. Notre communauté a dû se mobiliser afin de se redéfinir et de rétablir ses points de références dans le Québec d’aujourd’hui.

Les communautés anglophones sont un élément essentiel de la société québécoise. Chaque génération est plus bilingue que la dernière. La capacité de parler la langue de la société dans laquelle nous nous trouvons n’est pas seulement une nécessité économique, mais aussi un symbole d’ouverture et de respect.

L’attitude des Québécois en ce qui a trait à l’apprentissage de la seconde langue officielle du Canada n’a jamais été aussi positive que maintenant. Selon un sondage réalisé par Angus Reid pour La Presse en février 2011, la grande majorité des Québécois, soit 84 p. 100 des francophones et anglophones de tous les âges, croient qu’il est important de pouvoir parler couramment les deux langues officielles.

Le Québec est prêt à voir ses communautés anglophones d’un nouvel œil. La création de liens entre les écoles francophones et anglophones afin d’établir des échanges culturels et linguistiques doit être explorée. Toutes les conditions favorables à une telle initiative sont en place : la demande pour plus d’enseignement de langue seconde par les Québécois francophones est stable, et, avec le premier ministre Jean Charest qui va de l’avant avec le programme d’immersion anglophone en sixième année, les liens entre les communautés linguistiques n’ont jamais été aussi solides. Le réseau d’écoles publiques francophones ne semble pas avoir assez d’enseignants pour répondre à la demande. Alors, pourquoi ne pas inclure nos voisins francophones dans les activités des centres d’apprentissage communautaires? Une communauté florissante se doit d’être inclusive et accueillante.

Le succès des centres d’apprentissage communautaires repose sur le succès de ses partenariats. Les partenariats sont essentiels à l’atteinte de résultats positifs et à la progression de nos communautés, et je crois que les centres d’apprentissage communautaires nous montrent à quel point l’expression « l’union fait la force » est significative pour les communautés anglophones du Québec.

En septembre dernier, quand j’ai visité les îles de la Madeleine pour l’inauguration du nouveau centre d’apprentissage communautaire de Grosse-Île, je me suis aussi adressé au milieu des affaires de la CEDEC. Son dernier rapport annuel contenait l’énoncé suivant : « Si vous aidez une seule personne, vous aidez toute la communauté. C’est comme une onde à la surface de l’eau. » Cela m’a marqué. C’est vraiment ce que sont les centres d’apprentissage communautaires : une onde à la surface de l’eau. Ils aident énormément de gens, pas seulement les élèves et les parents, mais tout le monde. Ils aident à assurer un avenir constructif et pertinent pour le réseau des écoles publiques anglophones et les communautés anglophones du Québec.

Les communautés de langue officielle ont besoin d’une grande participation de leurs membres pour demeurer vitales et florissantes. Cela peut être difficile pour les communautés qui ne représentent qu’une petite proportion de la population totale de leur région, ou pour les communautés anglophones éloignées. Avoir un endroit où tout le monde peut se rencontrer pour apprendre, découvrir, échanger des connaissances et partager ses intérêts est un moyen fantastique de préserver la vitalité des communautés.

Transformer les écoles en ressources communautaires est une stratégie durable pour assurer la vitalité et l’avenir des écoles anglophones du Québec. Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport et, plus particulièrement, ses Services à la communauté anglophone, ont identifié dès le départ cette stratégie comme une priorité et encouragent son développement. Cette stratégie doit continuer de faire partie de leurs priorités. Les centres d’apprentissage communautaires fonctionnent et doivent être soutenus dans leurs communautés.

Je suis toujours impressionné par le dévouement, l’expertise, l’enthousiasme et la compassion qui sont investis dans l’éducation des étudiants du réseau d’écoles publiques anglophones du Québec. Quoique la qualité et les réalisations de ce réseau sont substantielles et dignes de louanges, les défis qu’il doit relever, qu’ils soient démographiques, financiers, sociologiques, politiques ou culturels, sont redoutables et constants.

Les centres d’apprentissage communautaires permettent aux gens de prendre les rênes de leur propre développement scolaire, social et culturel. Votre partenariat les aide à atteindre leurs objectifs. Les communautés deviennent plus fortes lorsque les organismes et les gens s’unissent. Les communautés peuvent accomplir ce que les gens ne peuvent pas d’eux-mêmes. Et les communautés anglophones du Québec ont très certainement prouvé qu’elles peuvent se mobiliser afin d’assurer leur vitalité. Les centres d’apprentissage communautaires en sont la preuve.

En terminant, je vous félicite tous pour votre contribution aux centres d’apprentissage communautaires, et je remercie tous les partenaires d’avoir rehaussé la vitalité des communautés anglophones du Québec : l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec; le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport; le ministère du Patrimoine canadien, le Quebec Community Groups Network et tous les membres des commissions scolaires, des écoles et des organismes communautaires. À nos prochains anniversaires!

Merci.

Date de modification :
2018-09-13