Archivé - Allocution prononcée à l’occasion du congrès des membres 2011 du Quebec Community Groups Network

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Montréal, le 17 juin 2011
Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi


Début de dialogue

Merci Linda (Leith).

Mesdames et Messieurs, bonjour.

C’est un plaisir pour moi d’être ici, dans la région de Montréal, à l’occasion du congrès des membres et de l’assemblée générale annuelle du QCGN. Je tiens à remercier Sylvia Martin-Laforge de m’avoir invité à agir à titre de modérateur pour l’un de vos panels. C’est toujours une occasion spéciale et un privilège de m’adresser aux membres de ma communauté.

Dans le cadre de ce panel intitulé « Une communauté de communautés », nous tenterons de trouver des façons de créer, de renforcer et de célébrer les liens qui unissent les communautés de la région de Montréal ainsi que les liens que celle-ci entretient avec les autres régions de la province. Avec l’aide de trois panélistes de renom, que je vais bientôt vous présenter, nous envisagerons de nouvelles façons d’assurer à votre communauté une présence positive et dynamique au sein du Québec d’aujourd’hui.

Premièrement, j’aimerais dire que les communautés d’expression anglaise du Québec constituent maintenant une force linguistique et culturelle unique. Cette communauté de communautés possède un riche passé historique qui a contribué à modeler le Québec moderne. Qu’elles soient dans la région de Montréal, de la Basse-Côte-Nord, des Cantons de l’Est, du Pontiac ou de la Gaspésie, vos communautés forment un élément important et en constante évolution de la société québécoise.

La communauté anglophone du Québec vit une situation sans pareille ailleurs au Canada. C’est une communauté aux récits divers et c’est cette diversité de récits, de personnes et d’événements qui nous aident à mieux comprendre notre histoire en tant que Canadiens.

Les anglophones hésitent parfois à s’identifier au « nous » collectif du Québec, qui leur semble distinct, voire distant. La communauté d’expression anglaise du Québec a grandement contribué à la société québécoise et y contribue encore. Il n’y a pas de doute à ce sujet : vous avez une place au Québec. Alors pourquoi le « nous » semble-t-il si distant?

Un « nous » québécois collectif et inclusif est en train d’être redéfini. Les communautés anglophones représentent un élément dynamique de la société québécoise et devraient être vues et perçues positivement. À chaque génération, vos familles sont de plus en plus bilingues. Votre capacité de vous exprimer dans la langue de votre voisin n’est pas seulement une nécessité économique, mais également un signe d’ouverture et de respect.

Il est maintenant temps pour le Québec de dire « oui » à un nouveau « nous » qui inclut les communautés anglophones.

En février dernier, M. Paul Zanazanian et Mme Lorraine O’Donnell ont organisé à l’Université Concordia un séminaire intitulé « What place should Anglophones have in Quebec’s collective narrative? » (Quelle devrait être la place des anglophones dans le récit collectif du Québec?). Cette rencontre visait à revoir l’expérience historique du Québec en intégrant les anglophones dans le récit collectif sans ignorer le poids des événements du passé, afin de permettre à sa société diverse d’avancer. Le seul fait de la tenue de ce séminaire dénote un progrès. Les temps ont peut-être changé, et le Québec est prêt à redécouvrir des pans oubliés de son histoire grâce aux expériences et aux récits de ses communautés anglophones. Revoir les aspects positifs du rôle de la communauté anglophone dans l’histoire du Québec semble une excellente occasion de jeter un nouvel éclairage sur la façon de voir les choses et d’évoluer en tant que société.

Le récit collectif se réinvente constamment au fil des histoires racontées. Le Canada a besoin d’entendre les histoires des anglophones élevés dans une province francophone – que ce soit en ville, en banlieue ou en région rurale – au cinéma, à la télévision ou sur le Web. C’est de cette façon qu’une nouvelle réflexion nuancée sur le passé apparaîtra dans la conscience collective. Le Québec a besoin d’entendre des histoires où les francophones forment la majorité et que les anglophones acceptent cet état de fait – des récits de coexistence où la langue n’est pas source de conflit, mais occasion de découverte et symbole d’ouverture.

Les communautés d’expression anglaise du Québec ont exercé une grande influence culturelle au cours des dernières années – on n’a qu’à penser au succès international du groupe musical Arcade Fire ou aux films du cinéaste Jacob Tierney. Comme vous le savez, l’action du film Le Trotski se déroule dans le Montréal anglophone, tout comme c’est le cas du film Good Neighbours sorti dernièrement, qui est une adaptation à l’écran du roman Chère voisine de Chrystine Brouillet. Fait peut-être encore plus inhabituel, le film Dolly Parton, ma mère et moi, écrit et réalisé par Tara Johns, une Montréalaise originaire de Calgary, a clôturé Les Rendez-vous du cinéma québécois. La communauté anglophone du Québec a rarement été vue sous un angle aussi positif, créatif.

Avant de vous présenter nos panélistes, je tiens à dire que les Québécois anglophones sont des modèles d’ouverture et de respect pour tous les autres Canadiens. La diversité de vos communautés et le respect que vous éprouvez les uns envers les autres le démontrent bien.

Sans plus tarder, voici nos trois experts du panel de ce matin. Tout d’abord, la sénatrice Joan Fraser, ancienne rédactrice en chef du Montreal Gazette.

Nommée au Sénat en 1998, elle siège actuellement au Comité sénatorial spécial sur l’antiterrorisme et au Comité sénatorial permanent du Règlement, de la procédure et des droits du Parlement. Ensuite, M. Gerry Cutting, président de l’Association des Townshippers. Il a été directeur général du Champlain Regional College de 2000 à 2008. Pendant sa carrière professionnelle, il a siégé à de nombreux comités provinciaux qui portaient sur l’éducation postsecondaire et a pris part à plusieurs missions internationales dans les Caraïbes, au Mexique et aux États-Unis. Enfin, Mme Marian Scott, rédactrice primée et journaliste aux questions touchant à la diversité à la Gazette. Elle est entrée au journal au début des années 1980, où elle a couvert tous les secteurs, des nouvelles de dernière heure aux questions liées à la vie quotidienne.

Je vous souhaite une discussion de groupe fort intéressante.

Merci.

Date de modification :
2018-09-13