Archivé - Allocution destinée aux finissants de la Toronto French School

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Toronto, le 27 mai 2011
Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi


Début de dialogue

Mesdames et messieurs, diplômés, parents et enseignants, bonsoir.

J’aimerais d’abord remercier le directeur général, M. John Godfrey, de m’avoir invité aujourd’hui. L’un des grands privilèges du commissaire aux langues officielles est d’avoir l’occasion de rencontrer des jeunes qui vivent dans les deux langues officielles du Canada. Célébrer leur réussite est tout un honneur. C’est donc avec grand plaisir que je vous félicite pour votre succès.

Faire ses études à la Toronto French School et y obtenir son baccalauréat international est loin d’être facile; vous devriez être très fiers de vous. Vous n’êtes cependant pas les seuls à célébrer aujourd’hui. Tout au long de vos études, votre école, vos enseignants et vos parents vous ont appuyés. Selon un vieux dicton, « il faut tout un village pour élever un enfant ». Eh bien, il faut une école extraordinaire, des enseignants dévoués et aimants, et des parents attentionnés pour obtenir un baccalauréat international à la TFS.

La Toronto French School a été la première école à offrir un programme d’immersion en français au Canada. De fait, cette école est la pionnière en la matière. L’importance du projet éducatif de la TFS est telle qu’en 2008, M. John Godfrey, ancien ministre sous le gouvernement de Paul Martin, a quitté la politique pour occuper le poste de directeur général de la TFS. M. Godfrey, qui connaît bien les enjeux internationaux et qui est aussi bien connu pour son dévouement envers l’éducation, les enfants et le bilinguisme, a souhaité consacrer sa carrière à transmettre ces mêmes valeurs aux étudiants de la TFS. C’est un choix qui l’honore.

Grâce à M. Godfrey, à votre école, à vos parents et à vos enseignants, vous avez pu développer à la TFS toutes vos capacités dans les deux langues officielles du Canada. Pendant vos études, votre école est devenue votre deuxième chez-vous et elle vous a donné la meilleure éducation possible, soit une éducation bilingue. Vous deviez leur en être très reconnaissants.

Vos parents, en plus de subvenir à vos besoins immédiats, vous ont encouragés à réussir vos études. Ils ont cru en vous et en vos capacités, mais aussi en l’efficacité et en la pertinence du programme d’immersion de la TFS. Il faut reconnaître que c’est un acte de foi impressionnant pour les parents : envoyer ses enfants étudier dans une langue qu’ils ne parlent pas demande un grand courage qu’aucun résultat de recherche ne pourra apaiser avec certitude. Le programme est rigoureux et exigeant, sur le plan scolaire certes, mais aussi en raison de la tension émotionnelle qu’il peut causer. Jusqu’à ce jour encore, les parents se demandent si tout cela en valait la chandelle. Personne, sauf vous, ne peut répondre à cette question. N’oubliez jamais cependant que vos parents ont été présents tout au long du parcours. Ils n’ont pas cessé un instant de croire en votre école et en vous. Aujourd’hui, vous partagez votre succès avec eux. Il n’y a aucun doute dans mon esprit que lorsqu’ils vous regardent en ce moment, vos parents se disent qu’ils ont fait la bonne affaire. Et ils ont parfaitement raison.

Quant à vos enseignants, ils sont des professionnels compétents et passionnés de l’enseignement qui se sont dévoués pour partager leur savoir avec vous tous. Ils ont été là pour vous, vous ont écoutés, encouragés, vous ont poussés à vous surpasser, à donner le meilleur de vous. Ils vous ont appris à découvrir, à poser des questions, à émettre des hypothèses, à réfléchir. Vos enseignants ont ouvert votre esprit à la diversité des langues et des cultures et ils vous ont fait prendre conscience, en tant que citoyennes et citoyens canadiens, de l’importance de connaître les deux langues officielles. À eux aussi, vous devez une partie de votre succès.

Vous disposez maintenant d’un outil supplémentaire pour commencer votre vie d’adulte : la langue française. Mais comment utiliserez-vous cet outil? Est-ce que vous vous en servirez pour mieux connaître votre pays? Peut-être en profiterez-vous pour accéder à l’autre tradition juridique canadienne dans le cadre de vos études supérieures? En profiterez-vous pour accéder à la littérature, aux journaux, aux médias, à tout ce qui touche la culture francophone? Il n’en tient qu’à vous. L’apprentissage du français, comme la majorité des choses qui en valent la peine, exige un engagement à long terme.

Tout comme l’athlète qui cesse de s’entraîner verra rapidement sa performance diminuer, il en ira de même de votre compétence linguistique si vous n’utilisez pas votre langue seconde. On l’utilise ou on la perd. Les endroits où vous pouvez exercer vos compétences sont nombreux, même à la maison grâce à l’Internet, à la télévision et à la radio. C’est possible de vivre en français même si vous n’habitez pas au Québec, que vous soyiez à Toronto, ailleurs au Canada ou à l’étranger. J’espère que vous aurez l’occasion de poursuivre les différents intérêts qui vous tiennent à cœur, et que le français demeurera toujours au cœur de vos intérêts.

Selon une étude publiée par le Commissariat aux langues officielles en octobre 2009Note de bas de page 1, la majorité des étudiants participants ont jugé que l’apprentissage en langue seconde était important et qu’ils cherchaient des possibilités intensives et plus diversifiées pour perfectionner leurs compétences en langue seconde.

Toujours selon cette étude, bien que de nombreuses universités au Canada offrent toute une gamme de programmes et de cours d’apprentissage de la langue seconde, il existe des lacunes importantes et des besoins à combler. En particulier, les occasions d’apprentissage intensif en langue seconde sont limitées. De plus, la collaboration est faible entre les établissements francophones et anglophones au Canada au chapitre de la promotion de l’apprentissage de la langue seconde, tels les programmes d’échanges, et les politiques et les exigences relatives à la langue seconde à l’université sont généralement très élémentaires ou non existantes. C’est à vous qu’il revient de faire l’effort supplémentaire pour que le français demeure au cœur de vos études.

Pour vous guider dans vos recherches sur les établissements postsecondaires qui offrent des formations en français ou qui y accordent une place importante, le Commissariat a lancé un outil dans son site Web.

En quelques mots, il s’agit d’une carte interactive du Canada qui indique les divers programmes de langue seconde qui sont offerts dans l’ensemble du pays. Cet outil vous donne accès à une mine de renseignements sur les programmes de langue seconde et les programmes bilingues, les cours enseignés dans la langue seconde, les occasions de réseautage et les programmes d’échanges qui vous permettent d’étudier dans votre langue seconde. Vous pouvez aussi y trouver du soutien.

Par exemple, en utilisant notre outil, vous découvrirez que le campus Glendon de l’Université York, situé tout près d’ici, offre une éducation de premier plan dans les arts libéraux dans les deux langues officielles du Canada. Il s’agit de l’un des seuls campus universitaires au Canada qui offrent des programmes dans plus d’une langue.

Grâce à notre outil, vous pourrez en apprendre encore davantage sur les établissements où le français pourra demeurer au centre de vos études. J’espère que vous le trouverez utile.

C’est un immense avantage d’être bilingue. Des études ont montré que, chez les gens qui parlent deux langues, on peut pratiquement voir une modification de la structure du cerveau. Selon Ellen Bialystok, psychologue à l’Université York, être bilingue permet au cerveau de créer des réseaux cognitifs supplémentaires qui rendent les gens moins à risque de souffrir de la maladie d’Alzheimer à un âge avancé.

Vous devez aussi garder en tête le fait que la connaissance de deux langues est souvent une première étape vers l’apprentissage d’une troisième. Je connais un étudiant qui a appris le hindi afin de pouvoir participer à un projet d’énergie solaire en Inde, et j’en connais d’autres qui sont allés en Chine pour y apprendre le mandarin. Toutes ces personnes ont une chose en commun : elles ont d’abord appris l’autre langue officielle du Canada.

Comme c’est la tradition de donner des conseils dans le cadre d’une cérémonie de remise des diplômes, je vous fais les recommandations suivantes. Au cours de votre vie, il vous faudra développer au moins deux qualités.

La première, c’est la curiosité. Il ne peut y avoir une éducation réelle sans curiosité. C’est le fondement de la recherche, de l’innovation et de l’ouverture à l’autre. Un jour, vos études formelles se termineront, mais votre éducation à l’âge adulte ne s’arrêtera jamais. La curiosité vous ouvrira de nombreuses portes; faites-la fructifier par la lecture, les voyages et une soif de connaissance continue.

La deuxième, c’est ce que j’appelle « l’ambition latérale ». Tout le monde connaît « l’ambition verticale » : le désir de réussir, de monter les échelons, de gérer, d’acquérir. C’est une ambition fort louable. Mais le secret d’une vie équilibrée et heureuse est fort complexe. Vous devez aussi développer l’« ambition latérale » – le désir de continuer de faire les choses qui vous intéressent vraiment, sans vous inquiéter de votre place dans la hiérarchie. Vous pouvez opter pour l’enseignement, l’écriture ou la recherche, ou une autre façon de partager vos connaissances avec les autres.

Votre réussite et votre bonheur ne dépendent pas du niveau professionnel que vous atteindrez, mais bien de ce que vous en ferez lorsque vous y arrivez.

Ce qui importe, c’est de savoir faire face au monde – et à la vie – avec curiosité, et d’aimer ce qu’on choisit de faire. Bilingues, et peut-être même trilingues, vous êtes dans la bonne voie pour découvrir ce que le monde a de meilleur à offrir.

Vous faites maintenant partie des jeunes Canadiennes et Canadiens privilégiés qui peuvent étudier et vivre dans les deux langues officielles du Canada. Il n’en dépend que de vous de vivre selon les valeurs du bilinguisme et de l’excellence que vous a inculquées la TFS.

Encore une fois, félicitations à vous tous, étudiants, parents et enseignants!

Tout le succès possible dans vos projets.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Commissariat aux langues officielles, Deux langues, tout un monde de possibilités : L’apprentissage en langue seconde dans les universités canadiennes, octobre 2009.

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Date de modification :
2018-09-13