Archivé - Notes d’allocution pour le congrès FUTURES Conference : Innovation in Global Education

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Notes d’allocution pour le congrès FUTURES Conference : Innovation in Global Education

Ottawa, le 3 mai 2011
Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi


Début de dialogue

Mesdames et Messieurs, bonjour.

J'aimerais vous remercier de votre participation à la présente séance et de votre ouverture aux discussions sur l’importance de la dualité linguistique dans le contexte de l’éducation.

Cette conférence sur l’innovation dans l’éducation mondiale est une merveilleuse initiative du Conseil scolaire du district de Toronto. Sous l’impulsion du changement rapide des outils et des méthodes pédagogiques, ainsi que de la circulation de l’information à un rythme étourdissant, nous devons nous tourner plus que jamais vers des méthodes innovatrices pour voir à l’éducation de nos enfants. On peut dire sans exagération que l’emploi de pratiques innovatrices est fondamental pour que les éducateurs et éducatrices exercent leurs fonctions avec efficacité dans le monde d’aujourd’hui.

Permettez-moi d’expliquer clairement ce que j’entends par le terme « innovatrices ». Il est certainement vrai qu’il importe d’innover afin de préparer nos jeunes pour l’avenir. Mais il importe également d’innover pour les doter des outils pour réussir aujourd’hui. Nous devons inculquer aux élèves une perspective mondiale sur les tendances actuelles des enjeux sur les plans social, politique, économique, écologique et linguistique. Nous devons aussi promouvoir l’enrichissement culturel par la connaissance d’autres langues, ainsi que d’autres modes de vie et de pensée. Il nous faut aussi favoriser l’ouverture sur la compréhension internationale dans un esprit de tolérance, de respect et de découverte. C’est toute une responsabilité pour les éducateurs et les parents. Mais pour les jeunes, c’est une aventure qui peut commencer ici même. Après tout, ils vivent dans un pays ayant deux langues officielles.

En tant qu’éducateurs et parents – et adultes qui doivent s’adapter aux nouvelles demandes qui définissent notre monde actuel –, nous avons un défi de taille à relever. Nous avons entendu au cours des dernières décennies que la planète est de plus en plus petite et que les frontières disparaissent, tout cela au nom de la mondialisation. La notion de « village planétaire » que Marshall McLuhan a décrite il y a 50 ans est devenue un mode de vie. Le défi, c’est de posséder les connaissances nécessaires pour exceller dans le village planétaire. Aujourd’hui, le rythme de vie est effréné, et les gens doivent assimiler l’information qui ne cesse de circuler à un rythme tout aussi frénétique pour se tenir au fait de la réalité qui les entoure. Comment pouvons-nous donner à nos jeunes toutes les chances de réussir dans notre monde en évolution constante? Nous pouvons y arriver, notamment, en leur fournissant les outils qui leur permettront de décoder l’information qui ne cesse de circuler. Pensons à la concurrence mondiale. C’est ce que nous devons offrir à nos jeunes et, soyons honnêtes, c’est ce que nous, en tant que parents et éducateurs, devons apprendre avec nos enfants.

On me demande souvent d’expliquer mes obligations et mes fonctions en tant que commissaire aux langues officielles. Quarante-deux ans après la création de ce poste, il existe toujours une certaine ambiguïté quant à son rôle. Permettez-moi d’être clair : je ne suis ni un linguiste ni un agent de police.

Il va de soi que je dois m’occuper indirectement de questions touchant la qualité de la langue, et le Commissariat est effectivement appelé à jouer un rôle de surveillance et à assurer la conformité à la Loi sur les langues officielles. Mais mon rôle, et j’en suis fort aise, porte plus sur la promotion et la défense d’une vision du pays et d’un moyen de cohabiter. Comme je l’ai déclaré à maintes reprises, j’ai pour tâche à la fois d’encourager et de déranger.

En tant qu’éducateurs et parents, vous êtes au premier plan de l’éducation, et vous êtes ceux qui donnent le ton lorsqu’il est question des langues officielles à l’école ou au foyer. Vous voyez directement la dualité linguistique « à l’œuvre ». Voilà un sujet qui m’intéresse énormément et qui est essentiel à mon rôle à titre de commissaire aux langues officielles. En plus d’être à Toronto pour promouvoir l’importance de la dualité linguistique, je veux entendre ce que vous avez à dire au sujet de l’apprentissage d’une langue seconde dans le système d’éducation, et je vous inviterai à me faire part de vos pensées dans quelques minutes.

Je crois fermement que vous jouez un rôle déterminant dans la promotion de la dualité linguistique. Cela tient pour les enseignants, pour les parents et pour quiconque a à cœur la promotion de la dualité linguistique. En plus de transmettre vos connaissances aux jeunes, vous transmettez vos valeurs, et la dualité linguistique est une valeur canadienne fondamentale. Il est vrai que devenir bilingue signifie améliorer ses compétences linguistiques. Cependant, le bilinguisme est d’abord et avant tout une valeur de l’identité canadienne qu’il nous faut véhiculer. Et vous êtes les personnes qui inculquent chez la jeune génération le désir d’apprendre et d’enseigner ces valeurs.

Ces valeurs linguistiques peuvent également toucher les collectivités autochtones du Canada, plus particulièrement si nous examinons la récente législation linguistique au Nunavut, qui cherche à combiner une démarche axée sur les droits en matière de langues officielles à une loi visant à protéger la langue inuite d’un plus fort déclin.

Dans cette perspective, j’aimerais prendre quelques minutes pour vous dire pourquoi je pense que la dualité linguistique est si importante, plus particulièrement dans le contexte du thème de la conférence d’aujourd’hui.

La recherche a fait ressortir les avantages intellectuels de l’apprentissage d’une autre langue. Les élèves qui apprennent une autre langue affichent une plus grande souplesse mentale, une meilleure aptitude au raisonnement abstrait, de meilleures habiletés non verbales et une plus grande facilité à conceptualiser. Les enfants bilingues ont une plus grande capacité de résolution de problèmes et sont plus créatifs que les élèves unilingues. Et, bien entendu, ils comprennent mieux ce qui se passe sur notre planète; ils sont capables de décoder, tout seuls, des messages dans les deux langues qui circulent au pays.

Les enfants bilingues peuvent également contribuer à la diversité linguistique et culturelle de notre pays. Cet aspect prendra une importance croissante à mesure que le Canada accueillera plus d’immigrants. Quelque 80 p. 100 des immigrants n’ont ni le français ni l’anglais comme langue maternelle, mais nombre d’entre eux connaissent bien la valeur et l’importance de la dualité linguistique au Canada, parfois plus que les Canadiennes et les Canadiens de souche!

Lorsque nos deux principaux groupes linguistiques cohabitent en harmonie et reconnaissent l’importance de la seconde langue officielle, ils donnent un exemple qui montre à chaque vague d’immigrants comment ils peuvent partager le meilleur de ce qu’ils apportent, tout en adoptant le meilleur de ce que nous avons à offrir.

Bien entendu, la diversité est un enjeu qui touche les deux communautés linguistiques du Canada et peut présenter un défi, mais également une possibilité, pour les enseignants des programmes d’immersion. Les nouveaux arrivants au Canada connaissent déjà souvent une ou deux langues; ce qui signifie que le français et l’anglais sont habituellement leurs troisième et quatrième langues. L’organisme Canadian Parents for French a noté également que l’on décourage parfois les parents et les élèves immigrants de s’inscrire aux programmes d’immersion en français ou même qu’on leur refuse cette possibilité. Et la vaste majorité des parents allophones, malheureusement, reçoivent de l’information limitée, voire nulle, au sujet des options d’immersion en français dans le système d’éducation.

De même, les enfants en difficulté d’apprentissage sont souvent exclus des programmes d’immersion de crainte d’ajouter au problème. Toutefois, les difficultés d’apprentissage ne sont pas plus faciles à surmonter si un enfant est retiré d’un programme d’immersion. En fait, ces difficultés pourraient ne rien à voir avec la langue. Pourtant lorsqu’un enfant reçoit un diagnostic de difficulté d’apprentissage, l’école réagit immédiatement en le retirant du programme d’immersion comme si l’apprentissage de la langue seconde était la cause de ces difficultés.

Nous devons voir à ce que ces enfants et leurs parents comprennent l’importance de l’immersion, ainsi que du français et de l’anglais comme langues principales dans nos écoles.

Il nous faut également démontrer clairement l’existence d’une relation mutuellement bénéfique entre la diversité et la dualité linguistique, et l’absence de rivalité entre ces deux éléments.

Je pense qu’ici, à Toronto, vous saisissez facilement l’importance de la dualité linguistique. Votre ville est cosmopolite, et le Conseil scolaire du district de Toronto est le plus grand conseil scolaire au pays, regroupant plus de 240 000 élèves aux niveaux primaire et secondaire. Le nombre impressionnant de langues parlées à Toronto met en évidence l’importance de maîtriser nos deux langues officielles. En d’autres termes, le bilinguisme ouvre la porte sur le multilinguisme. Si vous connaissez le français et l’anglais, vous avez un avantage non seulement au pays, mais également dans le monde.

Les membres de toutes les communautés linguistiques sont de plus en plus intéressés de savoir ce qui se passe de l’autre côté de la clôture. Nous pouvons attribuer ce phénomène aux médias sociaux, qui influencent la perception du monde et l’absorption de l’information chez nos jeunes, que ce soit en français ou en anglais. Les communautés francophones canadiennes ont beaucoup à offrir, et les liens entre les deux communautés linguistiques peuvent être bénéfiques aux apprenants, tant francophones qu’anglophones. Pourquoi ne pas promouvoir les échanges entre les élèves anglophones et les élèves dans les communautés francophones? Les jeunes communiquent déjà entre eux au moyen de communautés virtuelles comme Facebook, Twitter et MySpace, parlent de sujets qui semblent souvent incroyablement futiles. Donc, pourquoi ne pas organiser des discussions dirigées dans un cadre scolaire pour rapprocher les communautés de langue officielle?

Par exemple, on m’a récemment parlé d’élèves d’un programme d’immersion au niveau primaire, ici, à Toronto, qui, dans le cadre de leur étude des peuples autochtones, ont écrit une lettre, en français, au premier ministre du Québec, Jean Charest, au sujet de la situation à Lac-Barrière, dans le nord du Québec, où la communauté algonquine locale est mêlée à un conflit avec les gouvernements fédéral et provincial au sujet d’une entente de cogestion et de partage des recettes tirées des ressources.

Voilà un exemple d’enfants anglophones qui s’adressent à un concitoyen canadien – et francophone – dans sa langue maternelle afin de pouvoir soulever un point d’ordre politique. Il est impératif que la prochaine génération de Canadiennes et Canadiens soit capable de communiquer efficacement dans les deux langues officielles du pays, de même que d’agir et de se tailler une place dans le monde. De nombreux jeunes parlent plus de deux, trois et même quatre langues. De nos jours, l’unilinguisme, francophone ou même anglophone, n’est plus une option viable pour quiconque veut exercer une carrière nationale ou internationale.

Après avoir rencontré des Canadiennes et Canadiens de partout au pays et de toutes les origines, je peux dire avec assurance que de nombreux groupes minoritaires sont très ouverts à l’apprentissage des deux langues officielles. Il s’agit là d’une conclusion importante des forums de discussion sur les perceptions des Canadiens de diverses origines envers la dualité linguistique. Le Commissariat aux langues officielles a tenu des forums de discussion en 2007, à Toronto, et en 2008, à Vancouver. Pour les participants aux forums, la dualité linguistique est un aspect fondamental de l’identité canadienne, un atout réel pour les citoyens canadiens et un atout pour l’ensemble du pays dans un monde où la concurrence s’intensifie. En fait, ces participants ont affirmé qu’ils étaient conscients de cette réalité avant même de mettre les pieds en territoire canadien. Par exemple, la communauté chinoise de Vancouver a accueilli favorablement l’installation des bureaux de l’Alliance Française dans son quartier. Les membres de cette communauté sont convaincus que leurs enfants ont avantage à parler les deux langues officielles du Canada, puisqu’ils seront plus susceptibles d’aller travailler à Montréal ou à Ottawa qu’à Hong Kong ou à Beijing.

Lorsque j’étais journaliste, j’ai participé à un voyage d’Équipe Canada en Chine. Le gouvernement fédéral avait rassemblé tous les sinophones de la région qui travaillaient dans diverses ambassades. Il avait aussi recruté des Canadiens en Chine pour servir de guides et de traducteurs pour les, semble‑t‑il, centaines de Canadiens qui participaient à ce voyage.

J’ai vraiment été impressionné par ces jeunes Canadiennes et Canadiens, dont certains étudiaient en Chine ou travaillaient dans d’autres régions de l’Asie. Même si j’étais incapable d’évaluer la qualité de leur chinois, je voyais qu’ils pouvaient expliquer au chauffeur d’autobus où nous voulions aller et quand venir nous chercher, et ainsi de suite. Ces jeunes ont pu se livrer à des conversations très animées avec les gens et nous expliquer ce qui se passait.

De même, ils parlaient tous les deux langues officielles du Canada.

Il est évident que l’apprentissage du français par les anglophones et l’apprentissage de l’anglais par les francophones du Canada ne les a pas empêchés d’apprendre le chinois; c’est ce qui les avait amenés à apprendre d’autres langues. Comme je l’ai dit, la compétence dans nos deux langues officielles ouvre la porte sur le multilinguisme et, du même coup, sur de plus grandes perspectives pour tous les jeunes Canadiennes et Canadiens.

Dans un rapport que le Commissariat a publié cette année sur les comportements en leadership des gestionnaires dans la fonction publique, la maîtrise de la langue est présentée comme une compétence clé en leadership au gouvernement. Prenons le secteur privé, par exemple. Les jeunes Canadiens bilingues sont de plus en plus en demande, car ils sont réputés pour leur sensibilité culturelle qui vient de leur connaissance du français et de l’anglais.

Comme vous le savez sûrement, car beaucoup d’entre vous le voient chaque jour, de nombreuses familles canadiennes se trouvent aujourd’hui dans un environnement multilingue. Avant que les enfants commencent l’école, en particulier les enfants issus de familles exogames ou allophones, ils parlent déjà deux langues, et même trois, dans certains cas.

Mais alors, comment se fait-il que bon nombre de Canadiennes et Canadiens éprouvent encore de la difficulté à apprendre ou à conserver deux langues? N’est-il pas désolant que certaines personnes remettent encore en question les avantages d’apprendre une autre langue? J’ai parcouru le Canada et j’ai visité de nombreux pays, et je n’ai jamais rencontré une personne qui ait regretté d’être bilingue. J’ai rencontré, toutefois, de nombreuses personnes qui regrettaient avec amertume le fait qu’elles n’aient jamais maîtrisé leur seconde langue.

Il est essentiel que les pratiques éducatives actuelles encouragent la dualité linguistique et aident les personnes bilingues à protéger et à conserver leurs acquis dans leur langue maternelle, tout en ajoutant le français ou l’anglais à leur répertoire.

Il est également essentiel que nous cessions de négliger le rôle d’un facteur clé dans le processus d’apprentissage : la culture. Vous savez comme moi que les jeunes absorbent la culture pop comme des éponges, qu’il s’agisse de sa musique, de ses films ou de ses médias sociaux, et que la culture pop anglophone occupe déjà une place de premier choix dans le monde francophone. Pourquoi ne pas exploiter la richesse de la culture pop francophone parmi les jeunes Canadiens anglophones? Est-ce que cela ne serait pas un moyen incroyable d’innover dans le domaine de l’éducation mondiale en intégrant des références culturelles de l’autre langue officielle, en plus des activités prévues dans les cours d’apprentissage du français?

La tendance actuelle dans l’éducation consiste à enseigner aux élèves dans un cadre d’un processus holistique. Il nous faut établir des liens entre la matière et les actualités, comme dans les programmes d’immersion. Nous devrions arriver à un choix plus équilibré de cours obligatoires et intensifs, de même qu’à divers types de programmes d’immersion. Nous devons voir l’enseignement du français comme un processus qui commence au niveau préscolaire et se poursuit après l’université.

Pour aider les enseignants et les étudiants à trouver des universités qui offrent une formation en français ou qui réservent une bonne place au français, le Commissariat aux langues officielles a lancé un outil dans son site Web. J'espère que vous trouverez cet outil utile. En un mot, il s’agit d’une carte interactive du Canada qui présente les divers programmes de langue seconde offerts au pays.

Cet outil vous permet d’avoir accès à une foule d’information : les programmes de langue seconde ou les programmes offerts dans les deux langues, les cours enseignés dans la langue seconde, le soutien disponible, les possibilités de réseautage et les programmes d’échanges qui permettent aux étudiants d’étudier dans leur langue seconde.

Dans certaines écoles publiques, dans le cadre de programmes d’éducation internationale par exemple, les enseignants citent le programme d’études de leurs collègues dans leurs cours. Les élèves peuvent ainsi établir eux-mêmes des liens entre les matières et apprendre d’une manière plus complète. Pourquoi ne pas procéder ainsi pour l’apprentissage d’une seconde langue et recourir à des renvois en français et en anglais pour promouvoir le bilinguisme parmi nos jeunes? Bien entendu, l’éducation ne relève pas de la compétence fédérale. Toutefois, en ma qualité de commissaire aux langues officielles dans un pays qui encourage la dualité linguistique, je ne peux pas m’empêcher de rêver à un système d’éducation où les jeunes Canadiennes et Canadiens pourront apprendre leur seconde langue dès qu’ils commencent l’école.

Intégrer la réalité de la dualité linguistique du Canada dans nos classes : N’est‑ce pas un moyen créatif et original de solliciter les apprenants dans un environnement planétaire, et de donner aux jeunes Canadiennes et Canadiens une longueur d’avance à l’échelle mondiale? Avec la mondialisation, le marché du travail est plus concurrentiel que jamais. Ceux qui se retrouveront en tête du peloton parleront deux, trois et même quatre langues dans certains cas. Il s’agit déjà d’une réalité.

Vous, en qualité d’éducateurs, devez être à l’avant‑garde de l’enseignement des langues. Il importe que la société trouve des moyens innovateurs de maintenir l’intérêt des élèves dans l’apprentissage d’une langue. Plus tôt, j’ai mentionné brièvement les références interculturelles et les nouveaux médias. Pour y arriver, il nous faut jeter un regard neuf sur les outils d’apprentissage et les ressources pédagogiques. Cette conférence est l’occasion par excellence de se renseigner sur ce qui se fait en éducation à l’échelle mondiale.

Vous, en qualité d’éducateurs, jouez un rôle important afin de faire du Canada un pays bilingue et multiculturel. Chaque jour, vous montrez par l’exemple comment l’apprentissage des langues peut enrichir la vie de chacun.

Vous pourriez croire que personne ne remarque ni ne reconnaît vos efforts. Mais la réalité est bien différente. Il m’arrive souvent de rencontrer des jeunes qui nourrissent de beaux souvenirs d’enseignants qui leur ont ouvert les portes sur un autre monde.

Je crois que l’enthousiasme pour l’apprentissage des langues peut être contagieux. Je crois également que l’apprentissage des langues ne se limite pas à mémoriser des verbes : il consiste à établir un dialogue avec nos concitoyens canadiens.

Lorsque vous enseignez une langue, vous lui donnez vie aux yeux de vos élèves, si vous leur faites voir cette langue comme une façon agréable de plonger dans une nouvelle culture et un nouveau monde.

Bon nombre d’entre vous comptent des nouveaux arrivants au Canada dans leurs classes. Par conséquent, vous avez pour défi supplémentaire d’accueillir ces représentants de différentes cultures. Le milieu scolaire est pour ces enfants et leurs familles ce qui les lie à la culture de leur nouvelle société d’accueil. L’éclat de leurs différences culturelles rayonne dans nos vies, dans nos écoles et dans nos communautés.

La valorisation de la diversité fait en sorte que des personnes provenant de tous les continents et parlant des langues différentes cohabitent pacifiquement. Rappelons l’état de fait suivant : La diversité ne peut être un facteur de stabilité que si des ponts existent entre les différentes cultures et qu’un dialogue s’établit. D’où l’importance du travail des enseignants. Votre contribution est ainsi au cœur de la démocratie et de la stabilité de la société.

Nous avons réalisé beaucoup de progrès au cours des dernières années. J’aimerais souligner les efforts dévoués de nos éducateurs et, en particulier, de nos enseignants du français langue seconde. Vous avez été les catalyseurs des progrès en enseignement des langues secondes. Vous êtes plus que des enseignants; vous êtes des mentors dans la vie de nos jeunes et vous jouez un rôle important dans la promotion des valeurs de la dualité linguistique. Au nom du Canada, j’aimerais vous remercier – vous, les éducateurs et les parents –, de votre contribution, chaque jour, à la promotion de la dualité linguistique.

Les éducateurs et les établissements d’enseignement jouent un rôle central dans la promotion de la dualité linguistique et dans l’accueil de la diversité. Nous devons préparer notre jeunesse à survivre et à s’épanouir dans ce contexte planétaire. Ces jeunes doivent non seulement posséder les compétences technologiques pour s’adapter aux exigences croissantes, mais également être bilingues – ou multilingues –, et être sensibilisés aux autres cultures, comprendre l’évolution de notre monde et être en mesure de s’y adapter. En cette ère de mondialisation, pour assurer la vitalité de nos langues officielles, les enseignants héritent d’une nouvelle mission : intégrer aujourd’hui la dualité linguistique du Canada à la vie de nos jeunes afin de les préparer pour l’intensification du multiculturalisme dans le monde de demain.

Merci.

Date de modification :
2018-09-13