Archivé - Notes pour une allocution lors de la remise des bourses d’immersion de la Fondation Molson

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Québec, le 17 janvier 2011
Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi


Début de dialogue

Bonjour.

C’est la quatrième année que l’on m’invite pour célébrer avec vous vos réalisations à titre de jeunes anglophones qui désirent poursuivre leurs études universitaires en français.

C’est un grand honneur pour moi d’être ici encore une fois.

Mon cheminement vers l’apprentissage de ma deuxième langue, le français, a seulement – et réellement – débuté lorsque j’étais étudiant à l’Université de Toronto.

À cette époque, j’ai eu l’occasion d’assister à un concert de Gilles Vigneault, un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes du Québec.

Je n’avais aucune idée de ce qu’il chantait, mais le son de ses paroles m’a emballé, et un désir en moi est né d’aller vers cette autre culture canadienne et d’en faire la connaissance.

Mon apprentissage a débuté peu de temps après dans un site archéologique de l’Île-aux-Noix, au sud de Montréal.

Dans le cadre d’un stage d’été, je me suis trouvé immergé dans une langue que je butais à comprendre et à parler.

Cependant, cela m’a permis d’améliorer des compétences qui allaient me servir toute ma vie.

C’est en partie grâce à mes compétences en français que le magazine Maclean’s m’a envoyé à Montréal, en 1976, alors que le Québec était sur le point d’élire le Parti Québécois et d’envoyer une onde de choc d’un bout à l’autre du pays.

J’ai alors eu l’occasion d’expliquer ce que je voyais et entendais à un public alternativement anglophone et francophone. 

Et je suis resté au Québec pendant de nombreuses années, y compris un long séjour ici, à Québec, avec ma famille, lorsque j’étais journaliste au Montreal Gazette et au Globe and Mail.

Aujourd’hui, même à titre de commissaire aux langues officielles, mon apprentissage ne s’est pas arrêté. Il s’est plutôt approfondi.

Je constate maintenant, tous les jours, l’apport important de nos communautés de langue officielle partout au pays.

J’ai une meilleure compréhension des nuances de culture entre elles.

J’apprécie d’autant plus le travail exhaustif fait par les intervenants à tous les niveaux dans le monde politique, mais aussi communautaire et culturel.

Cette aventure d’une vie avec la langue française est le lot de nombreux journalistes qui ont couvert la scène nationale au cours des dernières décennies.

Nombreux sont les juristes, sportifs, politiciens, chercheurs et tant d’autres qui partagent cette expérience.

Des gens qui ne sont pas des professionnels de la langue, mais qui aujourd’hui ne peuvent pas s’imaginer unilingues.

Je voudrais souligner l’importance de la Fondation Molson et des bourses qu’elle remet chaque année à des étudiants très méritants.

Ces bourses mettent en évidence la contribution du secteur privé à la dualité linguistique du pays.

Le programme de bourses de la Fondation révèle également qu’il est important d’établir des liens plus étroits entre les communautés francophones et anglophones du Canada.

J’aimerais vous entendre raconter le cheminement que vous avez suivi comme étudiants pour apprendre la langue française.

J’ai entendu des dizaines d’histoires de diplômés de programmes d’immersion, d’enseignants d’étudiants à qui on a conseillé de se retirer des programmes d’immersion, et même d’étudiants dont les compétences n’avaient pas été reconnues pour leur admission à l’université.

Il faut combler l’écart qui existe entre les programmes de français langue seconde offerts dans les écoles secondaires et ceux offerts dans les universités.

La collaboration qui existe entre la Fondation Molson et l’Université Laval est malheureusement l’exception à la règle.

Trop souvent, les programmes universitaires en français sont inexistants ou sous‑évalués. De plus, on en fait peu la promotion.

C’est la raison pour laquelle le Commissariat aux langues officielles a mené en 2009 une étude sur les possibilités d’apprentissage en langue seconde dans les universités canadiennes.

Le rapport fournit de l’information sur toutes les universités canadiennes qui offrent, sous diverses formes, des possibilités d’apprentissage en langue seconde.

Le Commissariat a également ajouté un outil interactif dans son site Web. Cet outil est une carte qui indique l’endroit où sont situées toutes ces universités et qui permet aux futurs étudiants de prendre connaissance de ce qui est offert, à quel endroit, et ce, de façon conviviale.

Nous espérons que cet outil aidera les étudiants à poursuivre leurs études dans leur langue seconde et, par ailleurs, qu’il encouragera les universités ne figurant pas sur la carte à offrir davantage de possibilités d’apprentissage en langue seconde.

Ici, à l’Université Laval, l’université la plus ancienne du Canada, vous serez entre bonnes mains et vous aurez à votre disposition un enseignement et des ressources de premier ordre.

Dans le rapport le plus récent du Globe and Mail sur les universités canadiennes, l’Université Laval est félicitée pour la taille restreinte de ses classes et les bonnes relations entre les étudiants et les professeurs.

Le rapport parle également de l’importance que l’Université accorde à la recherche et à la coopération internationale, de ses excellentes bibliothèques, de l’accès qu’elle donne au matériel pédagogique en ligne et de ses belles installations de loisirs.

De plus, il n’est pas exagéré de dire que l’esprit de corps est très fort à l’Université Laval, surtout si l’on pense aux champions de la Coupe Vanier, l’équipe de football du Rouge et Or.

Compte tenu des défis auxquels votre génération fait face, tant sur la scène nationale que mondiale, je suis rassuré de savoir qu’un si grand nombre de jeunes Canadiennes et Canadiens de votre âge sont bilingues et valorisent la dualité linguistique de notre pays.

J’espère que ce séjour à l’Université Laval vous permettra non seulement de découvrir une culture riche et unique, mais aussi de procéder à une introspection face à votre apprentissage du français.

Je vous souhaite beaucoup de succès tout au long de ce parcours. Merci.

Date de modification :
2018-09-13