Archivé - Notes pour une allocution pour la 11e edition du Sir John A. Macdonald Dinner de la Kingston Historical Society

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Kingston, le 11 janvier 2011
Graham Fraser - Commissaire aux langues officielles

Seul le texte prononcé fait foi


Début de dialogue

Bonjour.

J’ai à la fois le plaisir et l’honneur de m’adresser à vous ce soir, à la suite d’invités de marque comme Hugh Segal, Charlotte Gray et Richard Gwyn. Lors de dîners précédents, on vous a entretenus des compétences politiques de Sir John A., de son esprit, de sa vision économique et de ses caprices. Vos invités ont, j’en suis persuadé, une connaissance historique de sa vie et de ses réalisations beaucoup plus vaste que la mienne.

Mais je vous suis particulièrement reconnaissant de m’avoir invité parce que cela m’a permis d’approfondir ma compréhension d’un aspect de sa réussite politique : son succès à construire une relation efficace avec le Canada de langue française.

Vous connaissez probablement très bien sa remarque souvent citée au sujet des Canadiens français :

« Il faut les traiter comme une nation. Ensuite, ils agiront comme un peuple libre le fait généralement, c’est-à-dire avec générosité. Qu’ils soient appelés faction, et ils deviendront factieuxNote de bas de page 1*. »

Cette déclaration figure dans une lettre que Sir John écrivait en janvier 1856 à Brown Chamberlin, journaliste et éditeur de Montréal – lettre qui, comme le souligne Richard Gwyn, renferme « quelques-uns des passages les plus perspicaces de toute la prose politique canadienneNote de bas de page 2 ».

J’ai pris connaissance de cette lettre au cours d’une entrevue avec Lucien Bouchard, il y a presque exactement 21 ans. Il était alors membre du Cabinet du premier ministre Brian Mulroney, mais il était de plus en plus frustré des attaques que le Canada anglais lançait contre l’Accord du lac Meech. Il s’est levé, a saisi un exemplaire de la biographie de Macdonald, rédigée par Donald Creighton, et a lu un autre extrait de cette lettre remarquable :

« La vérité est que vous autres, bas-Canadiens britanniques, êtes incapables d’oublier que vous avez régné, que Jean-Baptiste était votre coupeur de bois et votre porteur d’eau. Vous luttez comme les Irlandais protestants d’Irlande […], non pour l’égalité, mais pour la suprématie. La différence entre ces gens intéressants, affables, et vous, c’est que vous n’avez pas l’honnêteté de l’admettre. Vous ne pouvez admettre et n’admettrez jamais que la majorité doit avoir le pouvoirNote de bas de page 3. »

Bouchard rangea le livre et dit, sur un ton plutôt amer : « Les choses n’ont pas tellement changé. » Quelques mois plus tard, il quitta le Cabinet, l’Accord du lac Meech échoua et il forma le Bloc Québécois.

Comment Macdonald en est-il arrivé au point de vue communiqué et préservé dans cette lettre? Et pourquoi son analyse s’est-elle révélée d’une telle prescience et nous a-t-elle procuré une si vive intuition de la politique canadienne pour le siècle et demi à venir?

Revenons en arrière pour un moment. En 1856, Macdonald était membre de la législature depuis 12 ans. « Il semble que personne d’autre n’était disponible, alors ils ont arrêté leur choix sur moi », déclarait-il plus tard à son secrétaire Joseph Pope, lui confiant qu’il s’était présenté pour « remplir un videNote de bas de page 4 ».

Macdonald était un conservateur et non un réformateur; en réalité, il faisait partie de la foule réunie à Kingston qui célébrait la défaite de Robert Baldwin dans Hastings si bruyamment que Louis-Hippolyte La Fontaine, le partenaire politique de Baldwin, avait juré d’établir la capitale ailleurs qu’à Kingston – « pour l’arracher à un groupe si turbulent », disait-il. Selon Pope, La Fontaine a exécuté la menace – et la capitale fut déplacée à Montréal. Pope laisse également entendre que Macdonald essayait de saper une des tentatives de Baldwin et La Fontaine de rétablir le français à titre de langue officielle du Parlement.

Pour sa part, Macdonald ne parlait pratiquement pas français. Néanmoins, il entretient rapidement des rapports harmonieux avec ses collègues francophones – et une amitié intime et durable avec l’un d’entre eux : George-Étienne Cartier. Cependant, il semblait seul : le gouvernement Draper, dans lequel Macdonald fut receveur général durant presque 10 mois, est défait en 1847, incapable de remporter une seule circonscription francophone. À sa place, La Fontaine forme le gouvernement avec Baldwin qui établit le gouvernement responsable – et forge une coalition entre les réformateurs du Haut-Canada et du Bas-Canada. Macdonald, maintenant dans l’opposition, surveille et apprend.

Mais son attitude change rapidement. Macdonald s’oppose au Bill des pertes de la rébellion et critique le gouvernement qui ne prend pas de précautions pour empêcher l’émeute qui éclate lors de l’adoption du projet de loi – une émeute qui mène à l’incendie du Parlement. Cependant, à la différence d’un grand nombre de ses collègues conservateurs, il ne signe pas le Manifeste en faveur de l’annexion de 1849 – un document qui préconise l’union politique avec les États-Unis. Au contraire, il aide à fonder la Ligue de l’Amérique britannique qu’il décrira plus tard comme une « soupape de sûretéNote de bas de page 5 ». Le groupe décide de conserver ses liens avec la mère patrie et de tenter de former une confédération avec les provinces américano-britanniques.

La position de Macdonald était nuancée et rassurait ses alliés politiques sans enrager ses adversaires ni leur donner des armes. Richard Gwyn cite le journaliste Hector Fabre selon lequel Macdonald avait un « tact incomparable », ajoutant qu’il était « trop intelligent et qu’il connaissait trop bien la nature humaine pour être cruel : ses exécutions étaient toujours amusantes; il arrivait à faire sourire même les victimes les plus lugubresNote de bas de page 6 ».

Alors que le gouvernement se débattait avec le Bill des pertes de la rébellion et d’autres poudrières politiques, Macdonald observait La Fontaine et Baldwin qui travaillaient en étroite collaboration. Alors que Macdonald était leur adversaire politique, et trouvait probablement la compagnie des deux réformateurs pénible – La Fontaine était peut-être très imbu de lui-même, exploitant sa ressemblance physique avec Napoléon, tandis que Baldwin était peut-être excessivement sérieux – l’admiration qu’il éprouvait pour leur partenariat indivisible était évidente. Lorsque Macdonald devint procureur général, après la défaite de Baldwin et son départ à la retraite, il conseilla vivement à son opposant politique d’accepter le poste de juge en chef de la Cour des plaids communs en 1855. Baldwin refusa l’offre et mourut trois ans plus tard.

De fait, Macdonald était souvent moins généreux envers ses alliés politiques qu’avec ses adversaires. En février 1854, Macdonald écrit une lettre à James McGill Strachan où il est d’une telle franchise dans l’évaluation de ses collègues qu’il conseille vivement à Strachan de la détruire. À propos de John Hillyard Cameron, Macdonald écrit :

« Cameron était utile dans les questions juridiques à la Chambre, mais il lui manque une intelligence générale et il est dépourvu de connaissances politiques, si bien qu’il est complètement nul en tant qu’homme d’État. Lord Elgin disait de lui qu’il était "un jeune homme présomptueux". Il veut siéger au Parlement pour des raisons égoïstes et je serais désolé de le voir représenter une circonscription aussi puissante que Toronto. S’il venait du Niagara, ou luttait dans un comté douteux, ce serait très bien et on pourrait le maintenir à sa placeNote de bas de page 7. »

Dites-nous le fond de votre pensée, John A.!

Peu importe l’exactitude de son intuition, le souhait de Macdonald n’est pas exaucé. Cameron est élu à Toronto aux élections de 1854. Se trouvant encore au milieu du bavardage politique et de l’évaluation de cette lettre, Macdonald propose une stratégie :

« Je crois qu’il faut modifier le caractère de la nouvelle Chambre fondamentalement, écrit-il. Je crois également qu’il faut changer de Ministère après l’élection et d’après mes relations amicales avec les Français, je suis enclin à penser qu’on demandera mon aide.

Il y aura une nouvelle Chambre et de nouvelles personnes parmi lesquelles choisir et nous devrions viser à élargir les limites de notre parti de sorte qu’il englobe toute personne désireuse de compter parmi les “progressistes conservateurs”, et qui appuieront une série de mesures pour mettre fin à la corruption qui a détruit le présent gouvernement et corrompu tous ses adeptesNote de bas de page 8. »

Macdonald en arrive à cette idée honnêtement. Au cours de la première décennie de sa vie politique, du milieu des années 1840 jusqu’au milieu des années 1850, il avait observé des coalitions se former et se désintégrer. Il avait vu une foule de conservateurs en colère brûler le Parlement – et la défaite de Robert Baldwin par un réformateur rigide, impatient et moins modéré. Il avait lu les attaques de George Brown à l’endroit des catholiques et du Canada français et avait écouté les discours passionnés et colériques de Louis-Joseph Papineau au Parlement.

Fort de cette expérience et des leçons tirées des échecs des autres, il devient un joueur clé, comme il l’avait prédit, dans l’établissement d’une alliance entre conservateurs du Haut-Canada et Canadiens français modérés – coalition qui reçoit l’approbation de Robert Baldwin, alors à la retraiteNote de bas de page 9. Et il avait aidé à résoudre le débat amer au sujet des projets de loi qui avaient finalement résolu une controverse de 15 ans sur la sécularisation : la question des réserves du clergé et l’abolition du régime seigneurial. Selon Donald Creighton, il s’agissait de « deux grandes causes de différends qui durant de nombreuses années avaient distrait la province du Canada ». Toujours selon Creighton, « c’était à M. Macdonald plus qu’à tout autre homme que nous devons ce règlementNote de bas de page 10 ».

C’est donc un politicien d’expérience dont la carrière est plutôt couronnée de succès qui, assis au chevet de sa femme malade, le 21 janvier 1856, écrit une longue lettre historique à Brown Chamberlin. Chamberlin est un avocat devenu éditeur du Montreal Gazette trois ans plus tôt. Il écrit d’abord à Macdonald en 1855 au sujet de certaines allégations contre les employés du procureur général, L. T. Drummond, révélées au journal, mais qui n’avaient pas encore été publiées. Reconnaissant d’avoir reçu l’information, Macdonald répond et lui fait part de son raisonnement relatif à certaines nominations politiques :

« Nous nous attendons à ce que nos amis fassent preuve d’une généreuse confiance et nous espérons que s’ils entendent des choses à notre désavantage, ils nous les communiqueront et entendront nos réponses et nos explications avant que vous ou votre journal écriviez des choses contre nous, affirme Macdonald. En fait, nous aimerions que :

"Vous ne voyiez pas trop nos fautes
et que vous restiez toujours bienveillant à l’égard de nos vertusNote de bas de page 11". »

Cette approche est ce que tout politicien désire des journalistes et peu d’entre eux le disent de nos jours sans mettre de gants!

Un an plus tard, les deux hommes se connaissent mieux; « Monsieur » est devenu « Mon cher Chamberlin ». Macdonald commence la lettre historique écrite au chevet de sa femme et adressée à son nouvel ami en lui disant que sa dernière lettre lui rappelle toutes celles auxquelles il n’a pas répondu :

« Je suis assis auprès de Mme McD qui est malade, et je vais vous faire part de mes ennuis, plaisante-t-il. J’ai cherché partout vos vieilles lettres pour que vous voyiez qu’elles me tiennent à cœur même si je n’y réponds pas. »

Macdonald y va ensuite de quelques commérages politiques sur qui pourrait se porter candidat à l’élection partielle dans Renfrew afin de succéder à Francis Hincks et sur les ambitions politiques de son ami John Rose. Puis il attaque ce qu’il perçoit comme l’incapacité de Chamberlin – et de Rose – à saisir les réalités démographique et politique inhérentes à la situation. Ce sont les paroles que j’ai citées au début de mes remarques et je crois qu’il vaut la peine de les répéter :

« La vérité est, écrit Macdonald, que vous autres, bas-Canadiens britanniques, êtes incapables d’oublier que vous avez régné, que Jean-Baptiste était votre coupeur de bois et votre porteur d’eau. Vous luttez comme les Irlandais protestants d’Irlande, comme les envahisseurs normands en Angleterre, non pour l’égalité, mais pour la suprématie. La différence entre ces gens intéressants, affables, et vous, c’est que vous n’avez pas l’honnêteté de l’admettre. Vous ne pouvez admettre et n’admettrez jamais que la majorité doit avoir le pouvoirNote de bas de page 12. »

Les Canadiens français, que Macdonald appelle les « Galiciens », représentent deux tiers de la population du Bas-Canada, tandis que « les autres races regroupées sous le nom d’Anglo-Saxons » en représentent un tiers.

« Bonté divine! poursuit-il. Vous avez maintenant près du tiers de la représentation au Bas-Canada, et sinon, pourquoi est-ce une malchance d’être minoritaire et, par conséquent, de ne pouvoir obtenir une majorité des votes? Les seuls remèdes sont l’immigration et la copulation et ils feront des merveilles. »

Macdonald continue en soulignant qu’au moins la moitié des juges sont Britanniques et que les Anglais ont la prépondérance dans les postes officiels. « Prenez garde que les Français ne le découvrent pas et se plaignent à leur tour », prévient-il, et il fait ensuite allusion aux émeutes qui ont suivi une campagne anticatholique. « C’est vrai que vous avez souffert parfois de l’émeute Gavazzi, mais rappelez-vous que les Anglais ne sont pas manchots non plus dans ce domaine et ensuite que les émeutiers ne sont ni Canadiens français ni Canadiens tout court. Un bon jury – si le jury actuel ne fait pas l’affaire – c’est tout ce dont vous avez besoin. »

Toutefois, il ajoute une mise en garde : « Mais vous devez aussi être représenté au Cabinet. » Pour la minorité anglaise, l’essentiel, soutient Macdonald, est d’être suffisamment forte et de travailler en collaboration assez efficacement pour accorder son appui à un gouvernement; dans ce cas, dit-il : « On vous suppliera, vous implorera, vous demandera avec insistance de placer vos meilleurs hommes parmi les conseillers du moment. Pour l’instant, vous n’êtes qu’un fagot de petites branches dont la corde est détachée, et vous pouvez donc dire adieu à votre influence et à vos chances de siéger au Cabinet. »

Macdonald n’épargne pas ses amis dans cette analyse tranchante : « Rose n’a jamais saisi cela, écrit Macdonald. Et il peut dire adieu à toute influence politique d’importance tant qu’il ne l’aura pas comprisNote de bas de page 13. »

En fait, John Rose a succédé à Alexander Galt comme ministre des Finances après la Confédération; on peut supposer que John A. considérait que Rose avait reçu le message!

Plus loin dans sa lettre à Chamberlin, Macdonald décrit son intuition prémonitoire quant à la dynamique politique entre les Canadiens anglais et les Canadiens français.

« Aucun homme qui n’a pas perdu l’esprit peut supposer que ce gouvernement peut pendant un siècle en venir à être gouverné totalement par une administration publique défrancisée. Si un Britannique du Bas-Canada veut le conquérir, il doit "s’abaisser pour vaincre". Il doit entrer en amitié avec les Français; sans y sacrifier le statut de sa race ou de sa lignée, il doit respecter leur nationalité. Il faut les traiter comme une nation. Ensuite, ils agiront comme un peuple libre le fait généralement, c’est-à-dire avec générosité. Qu’ils soient appelés faction et ils deviennent factieux. »

Il fait ensuite une prédiction fondée sur cette intuition :

« Supposons que la prédominance de la population anglaise devienne plus importante qu’elle ne l’est maintenant, je pense que les Français causeraient alors plus de problèmes qu’on nous dit qu’ils le font aujourd’hui, écrit-il. À l’heure actuelle, ils se divisent, comme nous le faisons, ils sont divisés en plusieurs sections et sont régis plus ou moins par des principes d’action définis. À mesure qu’ils deviendront moins nombreux et moins importants, plus ils s’uniront pour se préserver et ils agiront comme un seul homme et tiendront la balance du pouvoir. »

Comme exemple, il cite les Écossais et les Irlandais qui ont utilisé leurs membres à Westminster pour exercer le contrôle :

« Tant qu’ils possèdent 20 voies, ils restent un pouvoir à concilier, poursuit-il. Je doute fort que les Français perdront bientôt leur majorité numérique au Bas-Canada. Étant donné la cessation de l’immigration de l’Europe, leur présence dans les cantons, l’ouverture de l’Outaouais et de la Mauricie, et la certitude qu’ils seront sous peu ouvriers dans vos usines qui seront ici bientôt, je suis porté à croire qu’ils tiendront le coup pour un bon bout de temps. »

Dans le reste de sa lettre, Macdonald esquive une discussion détaillée des fonctions, mais il signale qu’il pense que leur imposer des choses serait un pas en arrière, rejette l’idée d’un canal de la baie Georgienne (« je pense qu’il sera fait lorsque nos petits-enfants seront des vieillards ») et fait quelques boutades avant de mettre affectueusement fin à son écrit.

Quel tour de force! Peu importe combien de fois je relis cette lettre, je m’émerveille devant le mélange de perspicacité personnelle, d’intuition psychologique, de sagesse politique et de prescience sociologique de Macdonald – tout cela noté alors qu’il se trouve au chevet de sa femme malade.

Dans cette même lettre, il expose le plan à suivre pour tout premier ministre qui  voudrait réussir à remporter un gouvernement majoritaire au cours des 150 prochaines années : Laurier, King, St-Laurent, Diefenbaker, Trudeau, Mulroney et Chrétien. Son analyse peut s’appliquer aux crises de la conscription, à la Crise d’octobre, à la réaction à l’échec de l’Accord du lac Meech, à la persistance du Bloc Québécois – et à la reconnaissance parlementaire des Québécois comme nation.

La perspicacité de Macdonald a également façonné sa compréhension de la Confédération. Le dernier soir des débats sur la Confédération – le 10 mars 1865 – il répond à une question sur le statut du français dans le nouvel arrangement politique en voie d’élaboration. Il se lève pour répondre, disant que : « L’usage de la langue française formât l’un des principes sur lesquels serait basée la Confédération. » Et son ami et collègue, George-Étienne Cartier, ajoute immédiatement qu’il est aussi nécessaire de protéger les minorités anglaises du Bas-Canada pour ce qui est du respect de l’usage de leur langueNote de bas de page 14. »

Ce réflexe, qui établissait les fondements du respect de la dualité linguistique comme valeur canadienne fondamentale, et cette capacité de conciliation, n’a fait défaut à Macdonald qu’une seule fois – lors de la pendaison de Louis Riel en 1885. « La condamnation de Riel est satisfaisante, dit-il dans un télégramme. Au Québec, il y a une tentative visant à soulever la faveur patriotique à son sujet – mais je ne crois pas que cela fera grand-choseNote de bas de page 15. »

Il s’est certainement trompé. C’est une décision qui fut un boulet pour le Parti conservateur au cours des 100 années suivantes. Malgré toute sa sagesse à l’égard du Canada français, il ne pouvait s’empêcher d’être raciste à l’endroit de Riel qu’il percevait comme un « Wahdi métissé ».

Mais cela pourrait faire l’objet d’une autre communication.

Je vous remercie de votre écoute.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Donald Creighton, John A. Macdonald, The Young Politician, Toronto, The Macmillan Co. of Canada, 1952, p. 227; Macdonald dans Les Lettres de Sir John A. Macdonald 1836-1857, préparées sous la direction de J. K. Johnson éd., Ottawa, Archives publiques du Canada, 1971, p. 339; Richard Gwyn, John A. The Man Who Made Us: The Life and Times of John A. Macdonald, Vol. One, 1815-1867, Toronto, Random House Canada, 2007, p. 128.
*Note sur les citations : Tous les passages provenant d’ouvrages en anglais et non disponibles en français ont été traduits pour simplifier la lecture.

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Note de bas de page 2

Gwyn, p. 128.

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Note de bas de page 3

Creighton, p. 202. (En italique dans le texte d’origine.)

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Note de bas de page 4

Joseph Pope, Memoirs of the Right Honourable Sir John Alexander Macdonald, Ottawa, J. Durie & Son, 1894, p. 33.

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Note de bas de page 5

Pope, p. 71.

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Note de bas de page 6

Gwyn, p. 105.

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Note de bas de page 7

J. K. Johnson, p. 201; Pope, p. 102.

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Note de bas de page 8

J. K. Johnson, p. 201-202; Pope, p. 103.

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Note de bas de page 9

Voir la lettre de Baldwin adressée à Hincks dans Pope, p. 127. 

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Note de bas de page 10

Creighton, p. 131.

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Note de bas de page 11

Macdonald à Chamberlin, 2 février 1855 dans J. K. Johnson, p. 235.

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Note de bas de page 12

J. K. Johnson, p. 338. (En italique dans le texte d’origine.)

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Note de bas de page 13

J. K. Johnson, p. 339.

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Note de bas de page 14

Débats parlementaires sur la question de la Confédération des provinces de l’Amérique britannique du Nord, 3e session, 8e Parlement provincial du Canada, Québec, Hunter, Rose & Co., 1865, p. 943. Voir aussi Gwyn, p. 323.

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Note de bas de page 15

Télégramme à Edgar Dewdney, 17 août 1885, dans Bibliothèque et Archives Canada, Macdonald Papers Book 23; également cité par George G. F. Stanley, Louis Riel, Toronto, The Ryerson Press, 1963, p. 361.

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Date de modification :
2018-09-13