Déclaration du commissaire aux langues officielles pour souligner sa première année en poste

29 janvier 2019 – Gatineau (Québec)

Raymond Théberge, commissaire aux langues officielles, a fait la déclaration suivante aujourd’hui :

« Le 29 janvier marque le premier anniversaire de mon entrée en fonction en tant que commissaire aux langues officielles du Canada. À la lumière de mon parcours professionnel, je savais ce qui m’attendait, puisque j’ai consacré l’ensemble de ma carrière aux enjeux qui touchent les communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Je me rappelle les premiers mois où je me suis penché sur les dossiers importants du Commissariat afin d’établir les axes de priorités à mettre en œuvre pour la durée de mon mandat, soit d’inciter les institutions fédérales à éliminer les obstacles à l’atteinte des objectifs de la Loi sur les langues officielles, d’intervenir auprès des institutions fédérales et des partenaires afin que les résultats prévus dans le Plan d’action pour les langues officielles soient atteints et de demander au gouvernement fédéral d’exercer un leadership continu afin d’effectuer une réelle modernisation de la Loi sur les langues officielles. Ces éléments demeurent mes priorités.

Au cours de la dernière année, j’ai bouclé avec succès un bon nombre d’enquêtes rigoureuses et je suis intervenu devant la Cour fédérale afin de défendre et de faire avancer les droits linguistiques. J’ai également comparu devant des comités parlementaires pour dresser un bilan de la francophonie et partager ma vision sur la modernisation de la Loi. Mes rencontres avec des gens d’affaires, des jeunes, des politiciens, des chercheurs, des dirigeants communautaires d’un bout à l’autre du pays ont enrichi mon point de vue.

Cependant, je dois dire que les événements qui ont fait les manchettes m’ont ébranlé. Je ne m’attendais pas à devoir me prononcer publiquement sur de tels reculs en matière de droits linguistiques en 2018, à l’aube du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles.

Je pense entre autres à l’annonce du changement de statut du Bureau de l’éducation française au sein du ministère de l’Éducation par le gouvernement du Manitoba, de même que la suppression toute récente de 11 postes de traducteurs à temps plein. Au Nouveau-Brunswick, un climat d’incertitude règne autour de l’avenir de la dualité linguistique à la suite des élections provinciales. Il ne faut pas oublier l’annonce par le gouvernement du Québec de son intention d’abolir l’ensemble des commissions scolaires et de les remplacer par des centres de services contrôlés par les parents – ce qui a provoqué un tollé, notamment chez les commissions scolaires anglophones qui se disent prêtes à aller jusqu’en Cour suprême pour s’opposer à leur abolition.

La mise au rancart du projet de l’Université de l’Ontario français et la fin de l’indépendance de mon homologue François Boileau ont également provoqué un tollé d’indignation partout au Canada, mais embrasé du même coup un foyer de résistance hors du commun.

Hélas, la mouvance qui mine les droits linguistiques à l’échelle du pays entraîne dans son sillage des gestes des plus odieux, comme les propos blessants qui ont été tenus sur les réseaux sociaux à l’endroit du joueur de hockey Maxime Comtois, lors de la défaite du Canada au championnat mondial junior 2019.

La dualité linguistique représente pourtant un puissant symbole d’ouverture, d’empathie et de respect. Les insultes adressées au jeune joueur étoile sur les médias sociaux portent atteinte aux valeurs fondamentales canadiennes.

Il est surprenant de voir des enjeux de cette ampleur se retrouver sur la sellette près de 50 ans après la mise en œuvre de la première Loi sur les langues officielles. Pourtant, cette Loi, qui fait partie de la mémoire collective des Canadiens, représente les véritables fondements du contrat social qui nous unit.

Je me penche de très près sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles. Nous devons poursuivre une mise en œuvre intégrale de la Loi pour y donner son plein effet. Par ailleurs, il est devenu évident que cela ne peut être accompli sans y apporter des modifications majeures et structurelles. Un tel exercice pourrait entraîner des effets réels et tangibles sur l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais dans la société canadienne ainsi que sur la vitalité des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Dans le même ordre d’idée, une fonction publique canadienne qui respecte la Loi contribue à la prestation d’un service de qualité, dans les deux langues officielles, au public canadien. J’effectue présentement une analyse approfondie des exigences linguistiques des postes, afin d’émettre des recommandations qui toucheront l’ensemble de la fonction publique du Canada et qui viseront à protéger les droits linguistiques des Canadiens.

En ce 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles, rappelons-nous le chemin parcouru. Des jalons importants ont été franchis certes, mais il reste encore beaucoup de travail pour réaliser pleinement les objectifs de la Loi. Il est temps, à mon avis, que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour établir un dialogue avec les provinces et les territoires, comme un sommet fédéral territorial provincial, et ce, afin de se pencher sur l’avenir de la dualité linguistique et des communautés en situation minoritaire et ultimement trouver des solutions concrètes et durables. Continuons à porter bien haut le flambeau de la dualité linguistique canadienne.

En conclusion, tout commence avec du leadership et la volonté de respecter la Loi. Nous avons également tous un rôle à jouer pour favoriser le respect des langues officielles. Mais d’abord et avant tout, nous devons nous respecter les uns les autres. »

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Date de modification :
2019-01-29