Lettre au rédacteur - National Post

26 août, 2014

Un territoire linguistique inexploré

Réplique à l’éditorial « Investigating bilingualism on Twitter », paru dans le National Post

J’ai lu avec intérêt votre éditorial, « Investigating bilingualism on Twitter », du 22 août dernier, concernant notre enquête sur un compte Twitter utilisé par le ministre des Affaires étrangères.

Comme souligné dans l’éditorial, nous nous penchons sur cette plainte dans la perspective plus large des répercussions que les obligations linguistiques des institutions fédérales pourraient avoir sur les comptes ministériels de médias sociaux. Le monde des médias sociaux est essentiellement un élargissement des modes de communication plus traditionnels. Lorsqu’elles ont commencé à utiliser les médias sociaux, les institutions fédérales, dans l’ensemble, ont pris soin de respecter leurs obligations concernant la langue, la vie privée et le service au public. Mais qu’arrive-t-il lorsque le dirigeant d’une institution communique directement avec le public par un compte distinct? Une plainte d’un citoyen nous donne l’occasion d’explorer ce nouveau territoire.

Alors que ces événements ont lieu, mon bureau poursuit son travail sur d’autres fronts. Par exemple, nous continuons à enquêter sur quelque 400 autres plaintes déposées contre des institutions fédérales; nous effectuons une vérification des services bilingues fournis par Élections Canada; et nous travaillons de concert avec la communauté anglophone du Québec aux enjeux clés tels l’immigration.

À propos de la communauté anglophone du Québec, j’ai sans doute été plus actif dans cette province que partout ailleurs au pays. J’ai visité la Gaspésie, les îles de la Madeleine, la Basse-Côte-Nord, le Bas-Saint-Laurent, Québec, les Cantons de l’Est, les Laurentides, Montréal et Gatineau pour y rencontrer les communautés anglophones. Le Commissariat a mené des études sur la vitalité de trois de ces communautés, sur les défis que doivent relever les producteurs de films et d’émissions télévisées en anglais, ainsi que sur les ressources fédérales qui sont mises à la disposition des aînés. J’ai rencontré un ancien premier ministre et plusieurs ministres pour discuter des défis auxquels fait face la communauté anglophone. En outre, je suis intervenu devant la Cour suprême sur la question de l’accès aux écoles de langue anglaise. J’ai parlé publiquement de l’absence d’un bureau du gouvernement qui pourrait répondre aux préoccupations de la communauté anglophone et à l’angoisse qui y règne. Mais, en général, je ne condamne pas la Charte de la langue française, qui respecte les normes d’équité prescrites par la Cour suprême du Canada.

Graham Fraser, commissaire aux langues officielles

Date de modification :
2018-09-13