Archivé - La connaissance, premier pas vers le progrès - Graham Fraser

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Ottawa, le 10 août 2011 - La langue est un sujet délicat dans notre pays et dans notre région. J’apprécie donc le ton posé de Mark Sutcliffe et de l’éditorialiste du Ottawa Citizen, qui ont commenté mon projet d’en apprendre sur les expériences que vivent les visiteurs à Ottawa. Toutefois, je ne suis pas d’accord que, ce faisant, j’outrepasse mon mandat. Voici pourquoi.

La Loi sur les langues officielles précise que le gouvernement du Canada « s’est engagé à promouvoir le caractère bilingue de la région de la capitale nationale et à encourager les entreprises, les organisations patronales et syndicales, ainsi que les organismes bénévoles canadiens à promouvoir la reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais ».

Mon travail est de m’assurer que le gouvernement respecte ses engagements. Comment peut-il rehausser le caractère bilingue de la région de la capitale nationale sans connaître la situation linguistique de cette dernière?

Je tiens à préciser certains faits. Nous n’essayons pas de surveiller ou de réglementer le secteur privé. Les propriétaires de commerces ne seront ni nommés, ni critiqués; et les commerçants ne se verront pas imposer les exigences auxquelles le gouvernement fédéral doit satisfaire. Nous cherchons à recueillir des renseignements sur l’expérience que vivent les personnes visitant la capitale du Canada et nous espérons trouver au sein du secteur privé des pratiques exemplaires dont nous pouvons nous inspirer.

Dans le passé, mes prédécesseurs et moi avons entrepris d’autres projets dans le but de cerner l’état d’une situation avant d’émettre des recommandations, et ces projets ont amorcé un processus de changements.

Par exemple, peu de temps après mon arrivée en poste, nous avons entamé une étude sur les possibilités d’apprentissage en langue seconde dans les établissements d’études postsecondaires canadiens. Pour ce faire, nous avons mené des consultations, effectué un sondage et organisé des groupes de discussion. Puis, nous avons élaboré divers outils à l’intention des universités, des collèges et des futurs étudiants. Il existe davantage de cours et d’outils pédagogiques que je ne le prévoyais, et nous avons pu faire connaître les pratiques exemplaires des différentes institutions. J’ai aussi discuté de ces outils avec les universités et les collèges partout au pays.

De même, au cours de cette période – en fait, un an après que ma prédécesseur Dyane Adam avait soulevé la question pour la première fois –, nous avons entrepris d’en apprendre sur les préparatifs du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver. La réaction des médias de Vancouver à la nouvelle que ce projet figurait à notre budget vous est peut-être familière : ce n’était pas de mes affaires, j’outrepassais mon mandat et c’était un gaspillage d’argent. Mais nous avons examiné la préparation des Jeux, lancé une campagne de sensibilisation auprès des institutions fédérales, effectué une étude de suivi et publié un rapport final. L’étude a été un franc succès dont les résultats nous ont mérité les éloges du Grand Témoin de la Francophonie, Pascal Couchepin.

Quarante ans se sont écoulés depuis que la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme a publié son rapport sur Ottawa, dans lequel les commissaires ont relevé que : « la capitale symbolise l’ensemble du pays. Elle devrait exprimer le plus exactement possible les valeurs du pays tout entier, son mode de vie, sa richesse et sa diversité culturelles, ses conceptions sociales et ses aspirations. […] Il faudrait que les citoyens, de quelque région qu’ils viennent, trouvent dans leur capitale un reflet plus fidèle des traditions du pays et éprouvent de la fierté à s’identifier à elle. »

Depuis, Ottawa a fait des progrès considérables vers cet idéal. Et, dans certains cas, le secteur privé a adopté des pratiques exemplaires. Par exemple, les banques canadiennes font fièrement de la publicité dans les deux langues à Ottawa, ajoutant ainsi à l’espace public bilingue.

J’espère que nous trouverons d’autres exemples de pratiques exemplaires mais, malheureusement, les constatations anecdotiques révèlent des faiblesses. Par exemple, lorsque les ministres responsables des affaires francophones se sont réunis à Ottawa voilà plusieurs années, l’hôtel choisi ne pouvait fournir de menus bilingues. Lorsqu’un important organisme national de langue française a tenu sa réunion générale annuelle dans un autre hôtel d’Ottawa, les délégués n’ont pas pu s’inscrire à l’hôtel en français. Au restaurant, j’ai souvent vu des serveurs bilingues expliquer le menu qui était en anglais seulement à des clients francophones. Ces cas sont-ils des exceptions à la règle? Ou est-ce toujours ainsi? Je ne le sais pas, et personne d’autre non plus.

Il y a dix ans, le gouvernement fédéral a signé une entente de 2,5 millions de dollars avec la Ville d’Ottawa afin de l’aider, ainsi que les entreprises locales, en matière de traduction, et il a continué à renouveler cette entente au cours de la décennie. Cela a-t-il été efficace? Existe-t-il de meilleurs outils?

Je pose donc de nouveau la question : comment le gouvernement fédéral peut-il respecter son engagement de rehausser le caractère bilingue de la région de la capitale nationale sans connaître la situation linguistique de cette dernière?

En fait, il est faux que le moins on en sait, le mieux on se porte. Il est difficile de s’améliorer sans connaître l’état de la situation. Comme cela a été le cas lors des Jeux olympiques et de l’étude sur les établissements d’études postsecondaires, j’espère que les données que nous recueillerons aideront Ottawa à mieux accueillir les Canadiens.

http://www.cyberpresse.ca/le-droit/opinions/votre-opinion/201108/10/01-4424794-clients-espions-a-ottawa-fraser-precise.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_votre-opinion_651_section_POS1

 

 

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Date de modification :
2020-09-18