Lettre ouverte : L’inclusion et le respect des deux langues officielles ne sont pas des notions mutuellement exclusives

Gatineau (Québec), le 2 juin 2021

Depuis l’adoption de la première Loi sur les langues officielles en 1969, la dualité linguistique fait partie du récit national du Canada. Nos langues officielles constituent le fondement de notre société diversifiée et inclusive.

Toute personne qui comparaît devant la Cour suprême du Canada devrait pouvoir être comprise par les juges dans la langue officielle de son choix, sans l’aide d’un interprète. La maîtrise de l’anglais et du français devrait être reconnue comme une compétence essentielle pour occuper un poste au sein du plus haut tribunal de notre pays.

Il y a trente-cinq ans, la Loi sur les langues officielles a été modifiée pour exempter la Cour suprême du Canada de l’obligation pour tout juge qui entend une cause d’être en mesure de comprendre la langue des procédures sans l’aide d’un interprète. La suppression de cette exemption permettra à tous les membres de la population canadienne d’être entendus et compris dans la langue officielle de leur choix devant le plus haut tribunal du pays.

Aujourd’hui, nous avons des programmes de droit dans les deux langues officielles qui produisent des avocats hautement qualifiés, dont beaucoup sont bilingues et reflètent la diversité de notre pays. Nous avons également un nombre sans cesse croissant de juges bilingues dans toutes les provinces et tous les territoires.

Je crois fermement qu’il est nécessaire pour notre pays d’avoir un système judiciaire plus inclusif et diversifié, y compris des juges autochtones. Nous ne devons pas oublier que nos communautés de langue officielle en situation minoritaire sont de plus en plus diversifiées, et que l’inclusion et le respect des deux langues officielles sont loin d’être des notions mutuellement exclusives et ne doivent pas être considérées comme telles.

Il est essentiel de s’assurer que nos institutions fédérales reflètent la société très diversifiée du Canada, mais cela ne doit pas se faire au détriment des langues officielles.

Raymond Théberge
Commissaire aux langues officielles du Canada
Date de modification :
2021-06-03