Avez-vous eu la chance de pratiquer votre langue seconde en voyage cet été?

Voici les réponses de nos lecteurs à cette question. Nous remercions tous ceux et celles qui ont pris le temps de nous répondre!

Vos réponses :

Je suis une Acadienne et ma première langue est le français. Je demeure à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse. Chaque fois que je quitte la maison, je dois parler l’anglais, ma langue seconde. La chose difficile est de parler dans ma langue maternelle pendant mes vacances. Mais je suis chanceuse, je vais en France pour une quinzaine en septembre. J’aurai sans doute l’occasion de parler l’anglais comme à l’aéroport d’Halifax, par exemple. Mais en France, j’aurai la chance de m’amuser et de parler la langue de Molière dans le pays de Rabelais, en Vienne et en Loire.

Ina, Dartmouth (Nouvelle-Écosse)


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Certainement. Du 1er au 15 avril, ma sœur et moi avons fait un voyage de deux semaines à Nice, en France. J’ai alors eu l’occasion d’utiliser le français très fréquemment. Pendant mon séjour, j’ai rencontré des gens qui parlaient l’italien et le français. Ensemble, nous avons pu converser en français.

J’ai aussi rencontré des personnes de langue arabe qui parlaient également le français.

Le fait de connaître d’autres langues facilite les voyages à l’étranger et même ceux au Canada. Comme les immigrants viennent de différentes parties du globe, le plurilinguisme rend les communications plus faciles. Plus on connaît de langues, mieux c’est. En fait, je vais retourner à l’école et poursuivre mon apprentissage de l’espagnol. Ce sera ma cinquième langue.

Qui sait? Peut être pourrai-je un jour travailler à l’aéroport ou encore, chez Tourisme Canada ou Tourisme Ontario, ce dont je rêve depuis un bon bout de temps?

Lucienne, Mississauga (Ontario)


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Chaque jour, j’ai l’occasion d’utiliser nos deux langues officielles. Ça ouvre tellement de portes et ça facilite les voyages. C’est pratiquement indispensable… Il faut élargir ses horizons et comprendre que chaque langue a sa propre histoire et sa culture. Je suis francophone et ma deuxième langue est l’anglais.

Jocelyne, Gatineau (Québec)


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Je ne me rendais pas vraiment compte de l’utilité de parler une deuxième langue jusqu’à ce que je voyage seule au Cambodge. Ce voyage remonte à quelques années. Un jour, j’étais assise dans un parc, tout près d’un vieil homme qui sculptait et vendait ses œuvres. Je l’ai regardé avec curiosité pendant quelques minutes, et nous avons échangé des regards et des gestes amicaux. Apercevant soudain le drapeau du Canada sur mon sac, le vieil homme s’est exclamé : « Ah! Une Canadienne! Parlez vous français? »

Après avoir voyagé seule pendant des mois, j’étais heureuse de pouvoir converser et dire autre chose que des phrases simples comme « Où sont les toilettes? ». Au début, j’avais un peu de difficulté à comprendre l’accent du monsieur car c’était différent de ce que j’entendais à Ottawa. Mais mon oreille s’est rapidement habituée, et j’ai pu écouter son histoire tout à fait fascinante. Pendant une heure, il m’a raconté comment il avait réussi à survivre en tant qu’artiste sous le règne des Khmers rouges. Il vivait alors dans des cavernes et se salissait les mains pour se faire passer pour un fermier. Jamais l’histoire n’avait pris un visage aussi vivant pour moi.

Je pense encore à cette journée mémorable et je suis tellement contente d’avoir appris le français.

Adrienne, Ottawa (Ontario)


Vivant depuis fort longtemps dans le milieu francophone fort minoritaire de l'Ouest canadien, j'éprouve souvent de grandes difficultés à déterminer quelle est ma langue seconde. J'éprouve encore plus de difficultés à m’exercer dans ma langue maternelle, c'est-à-dire le français.

Un récent voyage en Acadie m'a toutefois agréablement surpris. Angélina, une gracieuse hôtesse de la région, m'a notamment appris comment accorder une priorité à la langue française. Il faut initier la conversation en disant « hello » avec un léger accent franco, de façon à ce que la salutation ressemble au « allô » des francophones.

Jean-Marie, un autre excellent hôte de la région, m’a montré comment demander gentiment des menus en français à la serveuse du Saint-James pub de Moncton, lorsque des menus en anglais nous ont été présentés par erreur.

Le dernier matin venu, j'ai demandé un taxi pour me rendre à l'aéroport. En vérifiant dans les pages jaunes, je me suis d’abord assuré que le service offert par la compagnie était bilingue. La veille, j'avais téléphoné, en français, pour que l'on passe me prendre à 4 h 30. Le chauffeur s’est présenté le lendemain à l’heure prévue. J'ai entonné fièrement un « bonjour » pour me faire répondre par le chauffeur « I am sorry, I do not speak French ». Un peu surpris, voire déçu, je me suis assis sur le siège du passager et j’ai interrogé le chauffeur sur la province dite bilingue. Il m’a répondu qu'il aurait fallu demander expressément un « French-speaking » chauffeur. Après un silence prolongé, j’ai constaté que ses paroles étaient remplies de mauvaise foi. Je lui ai ensuite demandé, en anglais, d'où il venait pour être incapable de répondre à un simple « bonjour » d'un client. Il m'a expliqué que, même s'il le pouvait, il ne pourrait poursuivre la conversation. Il a ajouté être natif de « Stephenville, Newfoundland » et qu'une langue doit être apprise et exercée lorsqu'on est jeune. Or, j’ai connu Stephenville lors d'un voyage antérieur ainsi que les alentours de la péninsule de Port au Port, jadis francophone.

Stephenville avait servi de base militaire pour les Américains et avait fortement contribué à l'anglicisation de l'Ouest terre-neuvien. Le chauffeur de taxi s’est mis à me raconter que ses parents étaient des francophones, mais qu’ils avaient interdit à leurs enfants de parler le français à la maison, question de leur assurer un « meilleur avenir ». Gabriel, le chauffeur de taxi, aurait probablement été d'accord si je lui avais dit que le français mériterait une meilleure promotion parmi ses locuteurs, plutôt que le bilinguisme, C’est ce que je me suis efforcé de faire ce matin-là dans mon rôle de modeste ambassadeur de la francophonie des Amériques. Nous nous sommes très bien compris malgré tout!

Réjean, Vancouver (Colombie-Britannique)


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Oui. Mon amie et moi avons réservé un logement en multipropriété au New Hampshire mais, pour se rendre là-bas, nous avons décidé de passer par les Cantons de l’Est. Nous nous sommes arrêtés au bureau de Tourisme Québec, tout de suite après la frontière de l’Ontario. J’ai utilisé le français pour obtenir de l’information et réserver une chambre afin de passer une nuit à Magog. J’ai utilisé le français au motel et, plus tard, au Pub du Pont pour commander un repas.

Le lendemain, nous avons visité Waterloo, au Québec (je suis de Waterloo, en Ontario), Lac Brome et d’autres endroits en Estrie. Nous sommes ensuite allés à Sherbrooke. Nous nous sommes d’abord arrêtés au bureau de tourisme et avons consulté des dépliants sur les murales remarquables que l’on retrouve dans la ville. Après le dîner (durant lequel j’ai encore une fois commandé en français), nous sommes partis pour les États-Unis et nous avons emprunté plusieurs routes de campagne pour finalement arriver au Vermont.

Après les vacances, nous sommes revenus dans le sud de l’Ontario en passant par Lake Placid, dans l’État de New York. J’ai été étonné de voir autant de panneaux en français dans l’État de New York.

Dave, Waterloo (Ontario)


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Oui, certainement, et beaucoup plus encore! Cet été, j’ai fait mon premier voyage en motocyclette. C’était un grand voyage dans les provinces de l’Atlantique, en Gaspésie et je me suis même rendu jusqu’à la ville de Québec. Je suis revenu par la rive nord du Saint Laurent et j’ai traversé le Labrador. J’ai parcouru 7 255 kilomètres en 19 jours. En tout, j’ai vécu 12 jours d’immersion française.

Depuis que j’ai terminé mes cours de langue, il m’est absolument essentiel de continuer à m’exercer dans ma langue seconde. Normalement, j’essaie de m’exercer chaque jour en regardant la télévision et en lisant les nouvelles. Mais ce n’est pas toujours facile et je le fais souvent à la hâte. La façon la plus efficace et la plus stimulante de s’exercer, c’est d’avoir la possibilité de vivre dans un environnement francophone pendant plusieurs jours.

Pendant ce voyage, mon objectif principal n’était pas de mettre mon français en pratique, mais finalement, c’était un avantage secondaire considérable. Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est qu’après le premier jour d’immersion, il m’était beaucoup plus facile de penser directement en français que de traduire mes pensées de l’anglais au français. J’ai aussi trouvé intéressantes les différences subtiles dans la culture francophone des diverses parties de l’Est du Canada telles que les différents dialectes en Nouvelle Écosse, au Nouveau Brunswick, à Gaspé et sur la Basse Côte Nord ainsi que la cuisine locale de certaines régions.

Quelqu’un m’a déjà dit que, quand on voyage seul, et en particulier à motocyclette, les gens du coin sont plus portés à converser avec vous. J’ai constaté que c’était bien vrai. Je me suis obligé à utiliser ma langue seconde et à aborder les gens autant que possible, ce qui m’a souvent permis d’obtenir des renseignements très utiles (les meilleurs restaurants, les sites à voir, etc.). Ma gêne de parler le français est rapidement disparue. Quand je parlais en anglais avec quelqu’un et que je décelais un accent français, je passais immédiatement à cette langue. Aborder les gens en français est devenu un jeu : on ne sait jamais quel genre de choses on apprendra.

Au début de mon voyage, j’ai rencontré quelqu’un sur un terrain de camping vert, dans le nord de la Nouvelle Écosse (voir photo ci jointe). Guylaine April vit près de Moncton, au Nouveau Brunswick. Nous avons commencé à parler et je suis passé au français. J’ai appris qu’elle travaillait pour l’École de la fonction publique du Canada dans le domaine de l’enseignement du français. Coïncidence étonnante : elle ne connaissait qu’une seule personne à Terre Neuve (un collègue travaillant aussi dans le domaine de l’enseignement du français) et il se trouve que je connais aussi cette personne!

Pour résumer, ce voyage représente l’ouverture à l’inconnu. Je ne savais pas si je pouvais surmonter les difficultés d’un voyage seul à motocyclette ni si je pouvais bien me débrouiller en français. Chaque voyage permet d’en apprendre davantage sur le monde et peut être aussi sur soi même. C’était aussi vrai pour ce voyage.

Dan, Gander (Terre Neuve et Labrador)


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Cette année, pendant mes vacances, je suis allée en Floride où j’ai eu l’occasion d’utiliser l’anglais, ma deuxième langue. Toutefois, j’ai été très surprise de pouvoir aussi utiliser le français, ma première langue officielle, à différents endroits tels que dans les magasins. Ma sœur et moi étions en train de chercher un article, à l’épicerie, et nous parlions en français. Un homme s’est alors approché et nous a adressé la parole en français. C’était vraiment étonnant. Il nous a raconté que sa mère était Canadienne française, qu’elle avait immigré aux États Unis et l’avait autrefois obligé à parler uniquement en français à la maison. C’est de cette façon qu’il a appris cette langue et qu’il a réussi à la conserver aux États Unis. Il fait maintenant la même chose avec ses enfants.

Jeannine, Embrun (Ontario)

Date de publication : Le jeudi 14 octobre 2010

Date de modification :
2018-09-13