Marc Arnal, plus qu’un fier défenseur de la langue française

Par Jocelyne Verret-Chiasson, Edmonton (Alberta)


Photo : Université de l’Alberta

Quel lien existe-t-il entre le doyen du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta et le XIIIe Sommet de la Francophonie à Montreux, en Suisse? Une vision! Celle d’une francophonie mondiale fière et respectueuse de sa diversité.

L’évolution du français

Marc Arnal, doyen du Campus Saint-Jean depuis le 1er juillet 2003, a connu l’évolution de la situation du français au Manitoba. « À une époque, l’enseignement du français et de la religion était illégal au Manitoba. On n’avait qu’une demi-heure de français après les heures de classe […] Toute sa vie, mon père s’est fait une gloire d’être francophone, même à l’époque où c’était assez rare d’avoir cette fierté », raconte M. Arnal. « Ce n’est qu’en 1970 que le premier ministre manitobain Ed Schreyer a changé la loi scolaire pour permettre l’enseignement en français à temps plein au Manitoba. J’étais alors coordonnateur en éducation auprès de la Société franco-manitobaine. Mon travail consistait essentiellement à faire de la sensibilisation auprès de francophones qui avaient peur de s’afficher comme tels. Cette peur est un phénomène effarant, car pour entrer en dialogue avec l’autre, il faut avoir confiance en ses propres moyens. »

La Francophonie dans le monde

  • Le français est la neuvième langue la plus parlée sur la planète.
  • Le français est langue officielle de 29 États et 3 gouvernements.
  • Au minimum, il y a 220 millions de francophones dans le monde.
  • L’Afrique est le continent où se trouve le plus grand nombre de francophones : 96,2 millions de personnes dans les pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie.
  • Plus de 116 millions de personnes apprennent le français dans le monde. De plus, le français est l’une des seules langues à être enseignée dans tous les pays du monde.

Source : http://www.francophonie.org/IMG/pdf/Synthese-Langue-Francaise-2010.pdf

Un pilier dans la communauté

Aujourd’hui, Marc Arnal s’investit activement dans la communauté francophone de l’Ouest canadien et s’intéresse particulièrement à la diversité culturelle et à l’accueil des francophones venus de l’étranger. Il assure la coprésidence du et la présidence de la Fondation canadienne pour le dialogue des cultures, un organisme qui cherche à favoriser un rapprochement entre les diverses collectivités du pays.

Pour Marc Arnal, l’accueil et l’intégration des nouveaux arrivants donnent l’occasion de renforcer la francophonie. « Même si les communautés francophones commencent à s’ouvrir à la diversité représentée, du moins en partie, par la migration dans l’Ouest des personnes francophones d’ascendance africaine, il reste encore beaucoup à faire. Le jugement Mahé a légitimé le français et les écoles francophones. Cette décision a été appuyée par la Cour suprême. Maintenant, c’est le moment de faire preuve de diplomatie auprès des chefs politiques, à tous les niveaux. Nous devons réfléchir à des choses que d’autres tiennent pour acquises, stimuler le débat et veiller à ce que les gouvernements provinciaux, les systèmes judiciaires, etc. offrent des services en français. »


Photo : Université de l’Alberta

Une famille ouverte sur le monde

Non seulement la vie professionnelle de Marc Arnal est ponctuée de rencontres avec des gens de partout dans le monde qui parlent plusieurs langues et ont diverses croyances et autant de visions du monde, mais elle se déroule aussi sous le signe de l’interculturalité. Son épouse, Rashmi Joshee, parle le punjabi, le français et l’anglais. Gabriel, leur fils aîné, a étudié au Japon et parle japonais. Il a complété un baccalauréat en études canadiennes au Campus Saint-Jean et étudie maintenant le droit, plus particulièrement les questions constitutionnelles liées aux droits des minorités. Daniel, le fils cadet du couple, étudie actuellement au Campus Saint-Jean en commerce, tandis que la cadette, Anu, étudie les danses indiennes.

Une vision d’avenir

« Je souhaite, pour l’avenir, que le Campus Saint-Jean devienne le centre névralgique du développement du français dans l’Ouest. Pour mes enfants et pour tous les peuples de la terre, je rêve d’un monde où l’on vit en harmonie grâce au respect des principes d’équité, d’égalité et de justice pour tous. Tout le monde a un rôle à jouer », conclut M. Arnal.


Sommet de la Francophonie

Le XIIIe Sommet de la Francophonie 2010 s’est tenu du 22 au 24 octobre 2010 et réunissait les 56 États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie ainsi que les 14 États observateurs. Lors de l’événement ayant pour thème « Défis et visions d’avenir », les membres ont discuté de la francophonie dans la gouvernance mondiale, d’enjeux communs comme la sécurité alimentaire et les changements climatiques, ainsi que de l’enseignement du français dans le monde.

L’Organisation internationale de la Francophonie a profité de l’occasion pour lancer le Rapport sur la langue française dans le monde 2010, un ouvrage clé qui « fournit des données quantitatives et qualitatives sur la place qu’occupe le français, non seulement dans les 70 États et gouvernements membres et observateurs de la Francophonie, mais aussi, dans certains cas, dans le reste du monde ».

Source : http://www.francophonie.org/La-langue-francaise-dans-le-monde,34384.html

Date de publication : Le mercredi 10 novembre 2010

Date de modification :
2018-09-13