Des bénévoles font rayonner sur les ondes la langue française et sa culture

By Robert Rothon, Vancouver, British Columbia

Le Canada célèbre la Journée mondiale des bénévoles depuis 1985, année où l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution reconnaissant « qu’il serait souhaitable de stimuler les activités de tous les volontaires, sur le terrain et dans les organisations [...] et d’encourager les volontaires, dont beaucoup se consacrent à cette action au prix de sacrifices personnels considérables ».

Chaque année, le 5 décembre, la Journée mondiale du bénévolat offre aux organismes bénévoles et aux bénévoles la possibilité de faire connaître leur contribution au bien-être collectif.

L’un de ces organismes bénévoles est la Société radio communautaire de Victoria qui dirige CILS-FM, une station de radio non conformiste diffusant des émissions jour et nuit tous les jours de la semaine, et qui est située, comme le dit son président Jacques Vallée, « au bout de la Transcanadienne » à Victoria, en Colombie-Britannique. (Vallée dit à la blague que CILS-FM est située en « Cascadie, pas en Acadie », en faisant allusion à une expression populaire qui désigne le nord-ouest du Pacifique). Diffusée en ligne, la station CILS-FM offre un son d’une bonne qualité technique, des émissions réalisées de manière professionnelle, un contenu musical diversifié et intéressant ainsi que des nouvelles locales et des discussions dignes d’intérêt pour la communauté francophone de la région.

CILS-FM est devenue un outil de diffusion de premier choix pour les quelque 7 000 francophones et 30 000 francophiles de Victoria, selon Christian Francey, directeur général de la Société francophone de Victoria.

« L’auditoire francophone s’est accru, surtout depuis que la station a commencé à diffuser en ligne, mais, lors d’une récente visite à la base militaire locale, j’ai été renversé de constater qu’un grand nombre d’anglophones unilingues faisaient aussi partie des auditeurs », raconte M. Francey.

Pour Jacques Vallée, cette popularité inattendue s’explique par le fait que la station atteint des auditeurs anglophones et francophiles, en grande partie grâce à Pop Café, une émission hebdomadaire de deux heures présentée en anglais qui met en vedette la musique francophone.

CILS-FM est avant tout au service de la communauté francophone de la région, y compris de ses organismes à but non lucratif. Francine Wallace de Réseau-Femmes a remarqué que les événements qu’elle organise attirent davantage de monde depuis que CILS-FM en fait la promotion. Cette situation ressemble d’ailleurs à celle qu’elle a vécue avec la radio communautaire en Nouvelle-Écosse. À son avis, cette forme de radio est particulièrement efficace pour rejoindre les adultes des communautés en situation minoritaire qui veulent suivre les enjeux et les événements locaux dans leur langue.


Photo : CILS-FM

Compétition amicale

CILS-FM s’adresse aussi aux jeunes francophones. Un concours d’artistes amateurs organisé par la station a attiré l’attention sur les prestations musicales des élèves de l’école francophone locale Victor-Brodeur. Le professeur de musique de l’établissement, Samuel Sixto, a encouragé ses élèves à participer au concours, car « ce n’est pas toujours facile de trouver des occasions pour que nos élèves s’expriment en français en dehors du milieu scolaire. Nous participons à plusieurs activités en ville, mais nous avons rarement la chance de le faire en français. »

Le fait que les prestations étaient enregistrées et diffusées, et que les auditeurs votaient pour leurs pièces préférées, a eu des répercussions importantes, indique M. Sixto. « Les élèves qui ont participé au concours étaient fiers d’avoir joué en ondes et de se faire aborder par des gens qui leur disaient qu’ils les avaient entendus à la radio. Bon nombre d’entre eux ont de la famille ailleurs au Canada, et je sais que certains de mes élèves leur ont envoyé un enregistrement. »

Animée par des bénévoles

Depuis ses débuts, CILS-FM fonctionne grâce à un comité de bénévoles. En fait, c’est un comité formé de bénévoles qui a rédigé le mémoire de 235 pages présenté initialement au CRTC pour obtenir une licence de station FM. Comme le souligne le site Web de la station, le travail en comité de bénévoles permet de susciter la participation de « la communauté dans ce projet [et] il offre aux francophones et aux anglophones un sentiment d’appartenance à une communauté partageant un but commun. »


Photographe : Christian Tatonetti
Propriete de : Societe radio communautaire Victoria
Publiee par : CILS-FM

Selon M. Vallée, « pour devenir bénévole à CILS-FM, il faut avoir les compétences appropriées et la bonne attitude. En retour, les bénévoles acquièrent de nouvelles habiletés et une expérience de travail extrêmement utile. Un bénévole m’a confié qu’il avait pu améliorer son curriculum vitæ et décrocher un emploi à la SRC grâce à nous. »

En tant que station de radio communautaire, CILS-FM est particulièrement sensible à l’évolution des goûts et des besoins de la petite communauté qu’elle sert. Si, par exemple, le jazz est actuellement plus populaire que le heavy métal (et la station peut connaître les tendances parce que les auditeurs lui téléphonent, lui envoient des télécopies, des courriels ou expriment leur opinion à ses représentants), CILS-FM recrutera des bénévoles qui connaissent et aiment le jazz pour animer ses émissions.

Parce qu’elle reflète sa communauté, la station CILS-FM est devenue un phare pour la culture francophone et la communauté vivant à l’extrémité de la Transcanadienne.

Date de publication : Le lundi 06 décembre 2010

Date de modification :
2018-09-13