Jeux de la Francophonie : la belle jeunesse francophone à l’honneur

les Jeux de la Francophonie s’inscrivent dans la plus pure tradition des Jeux Olympiques de l’Antiquité. Regroupant compétitions sportives et concours culturels, ils favorisent avant tout l’expression d’une solidarité entre pays de la Francophonie. Acteur engagé depuis les débuts de cette manifestation internationale, le Canada a encore une fois fait bonne figure lors de la VIIe édition des Jeux de la Francophonie, qui ont eu lieu du 7 au 15 septembre 2013 à Nice, en France.

C’est à Québec, en 1987, lors du deuxième sommet de la Francophonie, présidé par le Canada, que les chefs d’États et de gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie ont décidé d’organiser des jeux qui auraient lieu tous les quatre ans, dans l’année suivant les Olympiques d’été. Sous le signe de l’amitié et de la solidarité, ces Jeux devaient permettre à la jeunesse francophone et francophile de faire valoir ses talents, sa créativité et son amour de la langue française dans toute sa diversité. Cette année, à Nice, ce sont plus de 3 000 jeunes athlètes et artistes de plus de 75 États et gouvernements qui ont pris part à la fête.

Trois délégations canadiennes

Les porte-drapeaux de l’Équipe Canada, de l’Équipe Canada-Nouveau-Brunswick et de l’Équipe Canada-Québec.
Crédit photo : Patrimoine canadien

Le Canada a pris part à tous les Jeux de la Francophonie depuis que les premiers Jeux ont eu lieu en 1989, ce qui n’est pas surprenant compte tenu de la nature bilingue de notre pays. Comme le Québec et le Nouveau-Brunswick sont les deux seules provinces où le français est une langue officielle et compte tenu du fait que les deux provinces sont membres de l’Organisation internationale de la Francophonie, la délégation canadienne est représentée par trois équipes distinctes unies dans l’esprit de collaboration, soit : l’équipe Canada, l’équipe Canada-Québec et l’équipe Canada-Nouveau-Brunswick. Cette année, la délégation canadienne comptait près de 250 athlètes et artistes canadiens qui se sont illustrés dans huit disciplines sportives et neuf concours culturels. Les Jeux offrent aux athlètes et aux artistes canadiens une excellente occasion d’entrer fièrement dans la compétition sur un terrain de jeu mondial et dans l’une des langues officielles du Canada.

« Chaque équipe de la délégation s’inscrit indépendamment au tableau, affirme Jérôme Moisan, chef associé de la délégation canadienne, mais nous collaborons pour éviter de dédoubler inutilement certaines responsabilités et pour former des équipes plus fortes, par exemple au soccer et au basketball. Nos costumes, de couleur différente, sont du même modèle. Et ensemble, nous assurons une forte présence aux Jeux! » Pour la jeunesse canadienne, c’est une occasion de découvrir le monde de façon unique grâce aux liens qui se tissent entre athlètes et artistes de tous les horizons, mais aussi de faire briller la culture francophone du Canada.

L’art, un langage universel

Guillaume Corbeil, gagnant de la médaille d’or pour sa nouvelle littéraire.
Crédit photo : Patrimoine canadien

Ce qui distingue l’événement des autres grandes manifestations sportives du genre est bien sûr la présence d’un volet artistique. Piliers de la culture francophone, les arts permettent l’expression de la diversité culturelle, mais ils jouent également un rôle rassembleur, générateur d’amitiés et de collaborations. En plus des concours, des ateliers de création et d’échange sont organisés. « Je me suis lié avec un auteur belge et une auteure libanaise, relate Guillaume Corbeil, récipiendaire de la médaille d’or dans la catégorie Littérature. Le courant a passé immédiatement parce que nous parlions français. Pourtant, nous sommes de milieux tellement différents! J’ai été étonné par notre sensibilité commune. »

En plus d’être une grande fête de la diversité francophone, les Jeux ouvrent de nouveaux horizons et procurent des occasions exceptionnelles pour les artistes participants. « Les Jeux offrent un lieu d’échange précieux aux artistes, explique M. Moisan. De plus, ils leur permettent de rayonner à l’échelle internationale et d’établir des contacts. Les possibilités sont différentes d’une discipline à l’autre, mais les médaillés reçoivent habituellement des invitations à des festivals, par exemple. C’est déjà le cas de Stéphane Guertin et de Guillaume Corbeil, nos deux médaillés d’or. » Autre exemple : la chanson Les enfants de Beyrouth de Karkwa a été écrite pour les Jeux de 2009 au Liban, et a permis au groupe rock québécois de remporter le bronze, une expérience marquante pour lui.

« Je ne sais pas encore ce que l’avenir me réserve à la suite de cette expérience, explique M. Corbeil, mais, déjà, un projet de recueil se dessine avec d’autres auteurs présents aux Jeux, et un représentant du gouvernement canadien m’a contacté. Pour moi qui exerce habituellement mon métier seul et dans l’ombre, disons que c’est assez stimulant! »

Toutes équipes confondues, les artistes canadiens ont récolté six médailles à Nice.

Les athlètes canadiens font bonne figure

Au chapitre du sport, nos athlètes nous ont également fait honneur. L’équipe Canada est arrivée 2e au tableau des médailles, l’équipe Canada-Québec, 15e, et l’équipe Canada-Nouveau-Brunswick, 23e. Au total, 56 médailles ont été remportées, dont 14 médailles d’or.

« Les Jeux de la Francophonie sont des jeux de développement pour les jeunes athlètes. Plusieurs y remportent leur première médaille de calibre international! », lance Jérôme Moisan. « L’ambiance est un peu plus décontractée que lors des Olympiques. Néanmoins, il s’agit d’une expérience marquante et d’une chance pour eux de se mesurer aux meilleurs. »

La VIIIe édition des Jeux de la Francophonie aura lieu en 2017 à Abidjan, en Côte-d’Ivoire.

Date de publication : Le jeudi 28 novembre 2013

Date de modification :
2018-09-13